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mardi 29 juin 2021

Séquences morcelées

Le Britannique Nicolas Roeg a réalisé, l’un à la suite de l’autre, quelques-uns des films les plus marquants des décennies 1960 et 1970 : Performance, qui a donné à Mick Jagger son seul vrai rôle de cinéma ; Walkabout/La Randonnée, méditation poétique tournée dans le bush australien ; Don’t Look Now/Ne vous retournez pas, à la fois film de terreur et chronique d’un deuil. Cette série prodigieuse s’achève en 1976, avec L’Homme qui venait d’ailleurs, qui donne à David Bowie son plus beau rôle au cinéma. (selon sa nécrologie par ) Le monde

Don’t Look Now/Ne vous retournez pas est un film de référence pour les fans d'épouvante selon Park Chan-Wook qui ajoute : les scènes de sexe entre Donald Sutherland et Julie Christie ont marqués les esprits. Le réalisateur associe Vertigo Rêve diurne et Don't look back cauchemar nocturne. 

Don’t Look Now film de 1973 d'après la nouvelle Pas après minuit  de Daphné du Maurier avec Julie Christie et Donald Sutherland. Pour Sutherland it’s not a sex scene.

La scène

Pourquoi faut-il voir le film : Arte

Faut-il préciser que Venise est la ville de cette anthologie.

vendredi 4 octobre 2013

Le bonheur est dans le vagin

Ou si vous préférez le bonheur est dans la chatte.
Ont beau dire les grands philosophes
Que le bonheur est dans la vertu (…)
Moi je crie sur mes deux pattes (..)
Que le bonheur est dans la chatte.

En secret Giorgio Baffo, Sénateur et magistrat de Venise, déplorait les passions humaines traditionnelles, la vertue, l'abstinence, la richesse, les honneurs et le pouvoir.

Tutto ine fá da pianzer a sto inondo ;
(...)
E rido solo, quando son in mona.

Voir Maurice Regnaut pour la vie et l'oeuvre
 
Son oeuvre érotique consacré exclusivement à la mona, (choisissez votre traduction) Il admet toute les positions mais le plaisir ultime est de baiser car quand on baise on possède le monde pendant un moment.

Schund & Schmutz g

Gusto del chiavar Sonetto
 
No digo che no sia gusto a toccar
un bel culo de qualche buzzarona
che no sia gusto de liccar la mona
che no sia gusto farselo menar
Colla so lengua in bocca da basar
no digo no la sia una cossa bona
in somma tutto quel che co una dona
de più lascivo al mondo se pol far
xe tutti quanti gusti bei, e boni
ma quello del chiavar per mi sostento
che 'l sia un gusto tra i gusti buzzaroni
perche quando in mona se xe drento
de tutto el mondo par se sia paroni
e tutto se daria per quel momento


Traducion Régis Doucet

Je ne dis pas qu'on ait du plaisir a toucher
le beau cul de quelque bougresse
qu'il n'y ait pas de plaisir à patiner la moniche
qu'il n'y ait pas de plaisir a se faire branler
Decharger en ayant langue en bouche
je ne dis pas que ce ne soit une bonne chose
non plus que tout ce qui, en somme, avec une femme
se peut faire de plus lascif au monde
Tous ces plaisirs-là sont beaux et bons
mais celui de baiser, pour moi, je soutiens
que c'est un plaisir au dessus de tous les plaisirs fous
car lorsqu'on est dans la moniche
il semble qu'on soit le maitre de l'univers
et l'on donnerait tout pour ce moment là.


Et les lectures d'Anne Archet et autres

lundi 30 septembre 2013

Le temps sur Venise est bien lourd

Lapouraille me propose ce lien vers Bertrand Burgalat, avec ce morceau Gris métal sur un texte de Michel Houellebecq, le clip est de François Nemeta.
Une interview toute en modestie, et la version live, aux parties de guitares plus riches et dont le son ne pâlit pas devant la version studio, et enfin retrouvez l'univers de Bertrand Burgalat et de son label Tricatel.


Le temps sur Venise est bien lourd
Et je te sens bien mystérieuse
Approche toi un peu mon amour
Je voudrais que tu sois heureuse

Fin de soirée les vagues glissent
Sur le métal du casino
Et le ciel vire à l'indigo
Ta robe est très haut sur tes cuisses

Comme il y'a blanc dans une tresse
De cheveux noirs et torsadés
Ton corps frémis sous les caresses
Et la lune est apprivoisée

Notre chair vit sur nos squelettes
Comme un violon désaccordé
La nuit descend sur la planète
Comme un enfant qu'on vient border

Le temps sur Venise est bien lourd
Et je te sens un peu nerveuse
Calme toi un peu mon amour
Je te lécherai les muqueuses

Il y'aura des années à vivre
Si nous restons des enfants sages
Nous pourrons aussi lire des livres
Regarde mon amour, c'est l'orage

J'aime ton gout un peu salé
J'en ai besoin deux fois par jour
Je me laisse complétement aller
Regarde c'est la mort mon amour

Notre chair vit sur nos squelettes
Comme un violon désaccordé
Le bonheur entoure la planète
La nuit est douce en plein été

dimanche 21 juillet 2013

Musée secret

Des déesses et des mortelles
Quand ils font voir les charmes nus
Les sculpteurs grecs plument les ailes
De la colombe de Vénus.


Sous leur ciseau s’envole et tombe
Le doux manteau qui la revêt
Et sur son nid froid la colombe
Tremble sans plume et sans duvet.


Ô grands païens, je vous pardonne !
Les Grecs enlevant au contour
Le fin coton que Dieu lui donne
Otaient son mystère à l’amour ;


Mais nos peintres tondant leurs toiles
Comme des marbres de Paros,
Fauchent sur les beaux corps sans voiles
Le gazon où s’assied Éros.


Pourtant jamais beauté chrétienne
N’a fait à son trésor caché
Une visite athénienne
La lampe en main, comme Psyché.


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Au soleil tirant sans vergogne
Le drap de la blonde qui dort,
Comme Philippe de Bourgogne
Vous trouveriez la toison d’or,


Et la brune est toujours certaine
D’amener autour de son doigt
Pour le diable de La Fontaine
Le cheveu que rien ne rend droit.


Aussi j’aime tes courtisanes
Et tes nymphes, ô Titien,
Roi des tons chauds et diaphanes,
Soleil du ciel Vénitien.


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Sous une courtine pourprée
Elles étalent bravement,
Dans sa pâleur mate et dorée
Un corps superbe où rien ne ment.


Une touffe d’ombre soyeuse
Veloute, sur leur flanc poli
Cette envergure harmonieuse
Que trace l’aine avec son pli.


Et l’on voit sous leurs doigts d’ivoire
Naïf détail que nous aimons
Germer la mousse blonde ou noire
Dont Cypris tapisse ses monts.


À Naples, ouvrant des cuisses rondes
Sur un autel d’or Danaé
Laisse du ciel en larmes blondes
Pleuvoir Jupiter monnoyé.


Et la tribune de Florence
Au cant choqué montre Vénus
Baignant avec indifférence
Dans son manchon ses doigts menus,


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Maître, ma gondole à Venise
Berçait un corps digne de toi
Avec un flanc superbe où frise
De quoi faire un ordre de roi.


Pour rendre sa beauté complète
Laisse moi faire, ô grand vieillard,
Changeant mon luth pour ta palette,
Une transposition d’art.


Oh ! comme dans la rouge alcôve
Sur la blancheur de ce beau corps
J’aime à voir cette tache fauve
Prendre le ton bruni des ors


Et rappeler ainsi posée
L’Amour sur sa mère endormi
Ombrant de sa tête frisée
Le beau sein qu’il cache à demi


Dans une soie ondée et rousse
Le fruit d’amour y rit aux yeux
Comme une pêche sous la mousse
D’un paradis mystérieux.


Pommes authentiques d’Hespéride,
Or crespelé, riche toison,
Qu’aurait voulu cueillir Alcide
Et qui ferait voguer Jason !


Sur ta laine annelée et fine
Que l’art toujours voulut raser
Ô douce barbe féminine
Reçois mon vers comme un baiser


Car il faut des oublis antiques
Et des pudeurs d’un temps châtré
Venger dans des strophes plastiques
Grande Vénus, ton mont sacré !


Théophile Gautier

J'ai découvert ce poème chez Callipyge publié en 1864 dans le Parnasse Satyrique (nous y faisons souvent référence) il fut écrit en 1850 et ne fut pas intégré au recueil d'Emaux et Camées par crainte de la censure. 1850 c'est l'année du voyage à Venise avec Marie Mattéi.

Nous aimons ce texte pour sa défense du poil publien, du duvet de Vénus et pour cet amour de la Vénus d'Urbino de Titien.
Muse et secret, musc et sucrée, Musée secret car le tableau n'était pas destiné au grand public mais à l'exposition en chambre, musée secret comme le sexe féminin.

lundi 13 mai 2013

Romantique en public ...

Francesco Hayez est pour le public un peintre italien romantique du XIXème siècle
481px-El_Beso_(Pinacoteca_de_Brera,_Milán,_1859)Le baiser

Francesco_Hayez_053Le dernier baiser de Roméo et Juliette

Mais il existe  Franscisco Hayez privato : 19 planches sur papier très fins où sont représentées les jeux d'amour du peintre romantique avec Carolina Zucchi.

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Les deux amants, nus ou à moitié nus se laissent aller entre les murs du studio du peintre à des jeux érotiques sans préjugés. Carolina Zucchi, surnommée la Fornarina (la fornarina était la maitresse de Raphael mais il est possible que Carolina est aussi ce surnom) était fille du comptable Zucchi,qui acceuillait dans sa maison des artistes tels que Donizetti et Bellini.
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 Voir également Venise libertinage

dimanche 24 mars 2013

Mona lisa ou l'éloge de la chatte

Baffo (1694 - 1768) ne veut pas de métaphores, il donne à la sexualité les noms qu'elle a dans la bouche commune, et l'obscénité de la langue parlée accède alors à sa pleine dignité. Toutes les hyperboles, périphrases, équivoques, toutes les figures du langage érotique de son temps, langage malade, en décomposition, Baffo, comme Sade, les élimine et, plus libre que Sade, il invente une santé. La "littérature", il en va d'elle comme des "parures des dames": il faut la lire, la traverser, la dénoncer, langage qui ne dit rien d'autre en fait que le désir. Maurice Régnault

Giorgio baffo ou le Poeta pornografo

J'ai découvert Giorgio Baffo à partir d'un lien avec Moniche. Tous les poèmes de Giorgo Baffo écrit en vénitien parle de la Mona, le sexe féminin. Je ne sais pas si le bondage était une pratique de l'époque mais il vous faut bien une petite pause visuelle.

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Heureusement toutes les traducteurs (trices) ne traduisent pas mona par moniche. Ainsi du poème le plus connu : LODE ALLA MONA.

Cara Mona, che in mezzo a do colone
    Ti xe là messa, come un capitelo,
    Per cupola ti gà do culatone,
    E ’l bus del Cul de sora xe ’l to Cielo.

Chère Moniche qui, entre deux colonnes,
Est mise là, ainsi qu'un chapiteau,
Pour coupole tu as deux grosses fesses
Et le trou du cul, au-dessus, est ton ciel.
Ou la traduction chez venise libertinage
Chère chatte, qui est à comme un chapiteau
Au sommet de deux colonnes,
Avec pour coupole, deux grosses fesses
Avec le trou du cul et sa sœur le trou du ciel.

(...)
Notte, e zorno ti fà miracoloni,
    Che l’acqua, che trà sù la to fontana,
    Dà vita ai morti, e spirito ai Cogioni

Nuit et jour tu opères de grands miracles,
Car l'eau que fait jaillir ta fontaine
Donne la vie aux morts et l'esprit aux couillons.
Ou
Donne vie à la bite et donne l'esprit aux couilles

Pour ma part je ne peux me permettre d'oser une traduction mais je vous propose celui-ci dont les sonorités me parlent.

Amici, son in mona; oh che gran gusto! 
Amici, son in mona; oh che gran gusto!
E son in mona della mia diletta;
Ora ghe tocco 'l cul, ora una tetta,
E in questo posso dir, che go 'l mio giusto.

La s'ha mollà le cottole, e anca 'l busto,
Acciò che con più comodo ghe 'l metta,
In bocca la m'ha dà la so lenguetta,
E la me trà ogni tanto qualche susto.

Mi me la godo fuora de misura,
E aver vorrìa l'osello longo un brazzo
Per furegarghe ben in la natura.

Ah! che per far più grande el mio solazzo,
E per darghe più gusto a sta creatura,
Esser vorrìa in sto punto tutto cazzo.

Vous pouvez retrouver des poèmes sur les lesbiennes chez venise libertinage, et une grande sélection de poèmes sur wikisource ou chez scribd.

Vous pouvez également trouvez les poèmes de Baffo illustrés par Hugo Pratt. ou par Michèle Teysseyre.

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Et pour finir je ne connaissais pas le mot d'Apollinaire sur Venise : Le Baffo était content de son époque, il était heureux de vivre, et de vivre à Venise, ville amphibie, cité humide, sexe femelle de l’Europe. Apollinaire

mardi 8 juin 2010

Le baiser des amants : le premier cunni sur grand écran

En 1958, une scène du film Les Amants de Louis Malle suscite un immense scandale lors du festival de Venise. Jeanne Moreau, épouse et mère, est au lit avec un jeune homme qu’elle vient de rencontrer, interprété par Jean-Marc Bory. Un long et magnifique plan d’une minute trente suit le visage de Jeanne Moreau, son sein nu, sa main qui se crispe, se tend, se déploie, tandis que son amant semble bien occupé dans le bas de l’écran… Jeanne Moreau soupire trois «je t’aime» avant d’en hurler un quatrième! (10 choses que vous ignorez sur le cunnilingus)



Les Amants, adaptation d’un roman du Baron Dominique Vivant Denon, auteur libertin du XVIIIe siècle, aura fait scandale à sa sortie, notamment aux Etats-Unis ou il fut taxé de pornographie. Dans le derniers tiers du film, Louis Malle délaisse la critique sociale de ce milieu bourgeois et accompagne Jeanne dans son abandon sentimental et charnel. Les longues séquences de passion amoureuse nous envoûte littéralement et confère au film un charme inaltérable et magique. La polémique que suscita Les Amants nous parait aujourd’hui parfaitement invraisemblable. Le film est bien plus pudique qu’Et Dieu créa la femme de Vadim, sorti deux ans auparavant, mais à la sublime sensualité des séquences amoureuses, Louis Malle conjugue l’attitude légère d’une femme libre qui fait ce qu’elle veut de son corps. Laterna Magica Benoît Thevenin

Pour François Truffaut, nous sommes en présence de la première nuit d'amour au cinéma.