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vendredi 3 juillet 2015

La langue verte


Félicien Rops, belge ramené à Paris par Alfred Delvau va rencontré l'amour auprès de 2 soeurs Aurélie et Léontine Duluc modistes de 16 et 19 ans quand il les rencontre qui signe leurs lettres d'une fusion de leur 2 prénoms AureLéon.

Cher bien-aimé, comme nous t'aimons, et comme nous avons hâte de te le prouver !
AureLéon



A en croire sa correspondance il y eu d'autres aventures comme cette humaniste : C’est que j’ai couché avec une pionne belge (! !) Oui mon amy, une femme qui a ses parchemins de l’université & elle ne les porte pas aux tétons ! un docteur ès sciences « Etiam Erpertissimus Doctor in amoris sciencia ! ! un docteur aux lêvres rouges ! » – Os vulvæ roseus ! » 

Je tondis de ces prés la largeur de ma langue. 


Rien de forme la bouche d’une femme comme le grec.
 
Et de dire dans une autre lettre L'amour est un trésor quand la vertu l'épure : Lamartine con !

 

De Delvau citant Andréa de Nerciat cette pétulante évocation de l'anulingus : Déjà le comte, dans un moment de délire est allé jusqu’à déposer un baiser fixe et mouillant sur cette bouche impure de laquelle, en pareil cas, il serait disgracieux d’obtenir un soupir.



Titre du billet = Dictionnaire de la langue verte d'Alfred Delvau  Langage libre et cru.

samedi 28 décembre 2013

Mousse tâche intime

Comme nous l'avons souligné dans un précédent billet André de Nerciat est l'un des grands inventeurs du cunnilingus. Je vous donne à lire ce dialogue de La Matinée libertine de 1787.

CÉCILE - Ce sont vos poils, madame, qui me chatouillent le nez... Et puis, dans ce moment, il m’est venu la plus drôle d’idée... (Elle reprend la besogne.)
LA COMTESSE - Eh! pense à ce que tu fais. (Cécile rit de nouveau de toute sa force.) Encore !
CÉCILE, riant - Avouez donc, madame, que tandis que je vous fais cela, je dois avoir l’air d’un grenadier avec ces épaisses moustaches ? Car, en vérité, quand j’ai le museau collé là-dessus, ces crocs épais et frisés sont autant à moi qu’à vous.
LA COMTESSE - L’extravagante ! Elle me ferait rire aussi, si je n’avais pas à faire mieux. Encore un peu de complaisance, bijou ?
CÉCILE - Je m’y remets bien vite, et quoi qu’il arrive, je ne ris plus.
LA COMTESSE, après un moment de silence - Là... là... Cécile, mon amie, tu es la déesse du bonheur. - (Elle donne à la bouche de Cécile des preuves humides de plaisir).


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On retrouve ce bon goût dans Les Aphrodites, fragments thali-priapiques pour servir à l’histoire du plaisir en 1793.
D'une langue « amoureuse », Belamour « aiguillonne le brûlant bijou » de Célestine , tout comme Limecoeur, qui « assez peu présomptueux d’ailleurs pour ne pas abuser si vite du droit de triompher, se précipite et, collant sa bouche sur l’adorable sillon, lui donne en maître cette magnétique friction que bien des dames préfèrent aux plus solides services ».

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Et dans Le Diable au corps (1803, posthume)

l'extrême excitation du Tréfoncіer à la vue des fesses de la blonde Nicole : « Leur pose est telle […] que le Prélat, au-delà du point de vue immédiat de l’épaisse toison de la brune, dont il se fait une moustache, a de nouveau celui du frais, du blanc, du rond, de l'archi-désirable postérieur de la blonde »  

Les illustrations sont attribuées un peu arbitrairement à Charles Auguste Edelmann. Vous retrouverez un billet sur les illustrateur et la voiture ici.

vendredi 27 décembre 2013

Glottiner ou gamahucher - Le génie d'André de Nerciat

Dans sa thèse sur André-Robert Andréa de Nerciat, né le 17 avril 1739 à Dijon et mort en 1800 à Naples, Julie Paquet de l'université d'Ottawa nous rappelle qu'il fut le grand inventeur du cunnilingus : La fantaisie des mots attestent l'esprit independant, libertin et amoureux du plaisir de Nerciat.

Les illustrations sont de Gaston Trilleau.


Le mot langue donne naissance a langueyeur, d'apres l'ancien et moyen francais langueyer "agiter la langue" (Guiraud).

Le verbe gamahucher, présent dans Lolotte, dans Les Contes polissons, dans Les Aphrodites et dans Le Diable au corps et ses derives gamahucheur et gamahucherie sont egalement des creations de Nerciat. Si les lexicographes (Guiraud, Robert, Ramsay) tentent avec serieux d'en decouvrir l'origine en proposant différentes étymologies, Nerciat, en plus d'en etre l'inventeur, imagine une origine farfelue qu'il precise dans une note de bas de page (Les Aphrodites, fragments thali-priapiques pour servir à l'histoire du plaisir (1793):







Non seulement inventeur langagier, Nerciat semble se preoccuper savamment de l'origine des mots et se presente, avec humour, comme un sémanticien averti. Inventeur des mots glottiner (de glotta, langue) et gamahucher, il s'amuse à instaurer un debat, entre le "censeur"et l'abbe Suconnet, sur la qualite des sources qui servent aux inventions creees afin de nommer cette caresse. Nerciat montre une préférence pour les Orientaux et les Egyptiens qui ont transmis cette pratique sexuelle aux Grecs et aux Francais.



CELESTINE - Eh bien, demande a l'abbe Suconnet un quart d'heure de glottinade.
MADAME DURUT - Qu'est-ce que cela ?
CELESTINE - C'est le nom qu'il lui a plu de donner à sa manoeuvre favorite. Monsieur Suconnet, qui est un docteur, pretend que rien n'est plus significatif, et qu'il convient absolument d'emprunter du grec le nom d'une volupte dont les Grecs nous ont transmis l'usage.
MADAME DURUT - Que le nom nouveau soit grec ou parisien, tant il y a que la gamahucherie (en vieux ) est terriblement bonne. Ces Grecs ont eu bien de l'esprit d'avoir invente cela.
CELESTINE - Et surement l'abbe les surpasse à le pratiquer. Fais-toi glottiner par lui, ma chere Agathe, tu m'en diras des nouvelles !

Les Aphrodites, fragments thali-priapiques pour servir à l'histoire du plaisir (1793)

mercredi 22 avril 2009

Un 69 d'antan

Le Chevalier.
- Tout est con chez cette divinité !Nicole (avec transport)
- Ah ! c’est bien chez toi que tout est vit.

Cet éloge est à peine prononcé que déjà sa bouche, qui ne veut pas se laisser vaincre de procédés par celle du Chevalier, s’est remplie du frais et rubicon bigarreau dont l’orgueilleux engin est couronné ; la folle fredonne en cette posture, une espèce d’air en remuant les doigts le long de cette étrange clarinette, à laquelle ce doigté ne laisse pas de causer un vif surcroît de plaisir. Elle ne dédaigne point de caresser aussi les ornements inférieurs, ni même de postillonner légèrement ce réduit plus inférieur encore, que la Nature a fait le quiproquo de ne pas rendre absolument insensible aux atteintes variées de la volupté. Ces stimulantes manœuvres ont bientôt conduit l’ardent Chevalier au même degré de prurit que sa langue fait éprouver à Nicole ; ils sont mutuellement électrisés au même instant, et l’élixir de vie que reçoit dans sa bouche l’enchanté fellateur est aussitôt quadruplement restitué à celle de l’expirante fellatrice. Deux déterminés ivrognes ne vident pas leurs verres avec autant de ferveur qu’en ont nos capricieux exaltés à savourer l’huile essentielle de Cythère. L’un et l’autre semblent désirer de tarir les sources où ils viennent de s’abreuver. – Enfin, il est temps d’avoir un moment de relâche. On reprend ses chemises après s’être bien rincé la bouche, d’abord avec de l’eau ; ensuite chacun avec un petit verre d’excellent Marasquin, dont Nicole s’est à propos souvenue d’avoir encore un flacon échappé, par bonheur, à l’intempérance du vilain Hilarion.- 

André de Nerciat, le diable au corps, roman libertin, 1798, tome troisième.

Félicien Rops, gravure pour l’édition de 1865 du diable au corps d’André de Nerciat.

Vous retrouvez cette citation et cette gravure sur le site @mateurdart

Felicien_Rops_69

Et je ne résiste pas au plaisir de vous proposer cette autre oeuvre Hokusai sur un thème également traité par Rops et que vous trouvez également chez l'@mateur d'art.

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