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vendredi 23 juin 2017

Cunni romantique

Certains dessinateurs ont une œuvre posthume mais pas d'histoire. Ce n'est pas le cas des frères Devéria, qui furent les animateurs du mouvement romantique. Bien sur ils sont moins célèbres que Hugo, Berlioz, Liszt et tous les autres. A vrai dire, ils ne sont plus célèbres du tout. Sur internet vous trouverez trace d'Eugène le cadet, Achille l'ainé peut être aussi les fils Théodule et Gabriel.

Comme d'habitude on parle moins des femmes : la soeur Laure dont la mort en 1838 peut avoir entrainé le déclin prématuré de la gloire des frères Devéria.  A moins que ce soit le plaisir de leurs enfants et la beauté de leurs femmes qui leur donna moins d'ambition.

Céleste Devéria la femme d'Achille, née Céleste La Motte dont le père Charles est le maître lithographe imprimeur des œuvres d'Achille. Elle deviendra également maître lithographe et prendra la succession de son père. La famille Devéria et La motte a sinon inventé, fait de Paris le centre de la lithographie en couleur.

Est-il possible qu'elle est participé à l'oeuvre érotique de son époux que nous avons déjà publié notamment pour les illustrations du Gamiani de Musset.










Je découvre l'existence de l'article la face obscène du romantisme de Judith Lyon-Caen et Alain Vaillant que je n'ai pas consulté.

Ainsi que la lettre d'Eugène à Gautier dans les études d'Olivia Voisin : la cause du naufrage de mes qualités de peintre c'est le libertinage. Le péché a tué le talent écrit-il dans son journal.

vendredi 8 novembre 2013

Détente

Tu es stoïque au bout du lit sur lequel je suis allongé nue. Mon corps est intensément détendu, mes yeux se ferment. Je tressaille en ressentant la langue rapeuse sur la plante de mes pieds.
Ta douceur remonte le long de ma jambe. Mes seins se gonflent et mes cuisses s'ouvrent dans une expiration profonde provoquant un relâchement physique total.
Je tressaille à nouveau lorsque ta langue rentre en contact de mon sexe. Je te repousse doucement. Je ne t'en veux pas, tu as déclenché mon désir. J'ouvre d'un doigt mes lèvres, derrière, la source est déjà profondément humide. Il ne me faut que quelques caresses pour jouir.

Tu viens vers mon visage, je te colle contre moi et tu ronronnes.

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Illustration Achille Devéria

Pour Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier

ll n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature

dimanche 27 février 2011

C'est une Tribade (Gamiani de Musset)

Riche, jeune et belle, la comtesse Gamiani est la source de rumeur mais demeure un mystère impénétrable pour Alcide.

Je n’arrivai jamais à une conclusion satisfaisante.
Dépité, j’allais quitter mon sujet, lorsque, derrière moi, un vieux libertin, élevant la voix, jeta cette exclamation : Bah ! c’est une Tribade.
 
Ce mot fut un éclair : tout s’enchaînait, s’expliquait, il n’y avait plus de contradiction possible.
 
Une Tribade ! Oh ! ce mot retentit à l’oreille, d’une manière étrange ; puis, il élève en vous je ne sais quelles images confuses de voluptés inouïes, lascives à l’excès. C’est la rage luxurieuse, la lubricité forcenée, la jouissance horrible qui reste inachevée.




Extrait du Gamiani d'Alfred de Musset dans lequel Alcide assistant aux ébats lesbien de la comtesse de Gamiani et de Fanny n'en peut plus et intervient dans la mêlée. Magnifique fantasme d'homme.


Ce double contact de deux corps suant le plaisir, tout brulants de luxure, me ravivait encore, redoublait mes désirs. 

Le feu me touchait partout. Je demeurai ferme, victorieux au pouvoir de Fanny; puis, sans rien perdre de ma position, dans ce désordre étrange de trois corps se mêlant, se croisant, s'enchevêtrant l'un dans l'autre, je parvins à saisir fortement les cuisses de la Comtesse, à les tenir écartées au dessus de ma tête. 

"Gamiani! à moi! portez-vous en avant, ferme sur vos bras! 

Gamiani me comprit, et je pus à loisir poser ma langue active, dévorante sur sa partie en feu. 

Fanny insensée, éperdue, caressait amoureusement la gorge palpitante qui se mouvait au dessus d'elle. 

En un instant la comtesse fut vaincue, achevée. 

"G. Quel feu vous allumez! C'est trop...... grâce!... oh!.... quel jeu lubrique! vous me tuez.... Dieu! j'étouffe." 

Le corps de la Comtesse retomba lourdement de côté comme une masse morte. 

 
Fanny plus exaltée encore, jette ses bras à mon cou, m'enlace, me serre, croise ses jambes sur mes reins. 

"F. -- Cher ami! à moi... tout à moi. Modère un peu... arrête.... là.... ah!..... va plus vite... va donc..... oh! je sens!... je nage!.... je......" 

Et nous restâmes l'un sur l'autre étendus, raides, sans mouvement; nos bouches entrouvertes, mêlées, se renvoyaient à peine nos haleines presque éteintes.
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Illustration Achille Devéria
 
Etude sur le Gamiani de Musset par Huysmans

dimanche 30 novembre 2008

L'odeur du con 2

Dans Etudes de psychologie sexuelle, Havelock Ellis consacre un chapitre aux odeurs.

Presque tous les parfums d'origine animale dont se sert l'homme civilisé sont des odeurs qui ont un but spécifique sexuel chez les animaux dont elles dérivent, mais on peut même dire que les parfums des fleurs ont un caractère sexuel.

Les parfums sont émis dans la période reproductive de la vie des plantes, et ils ont évidemment en grande partie pour objet d'attirer les insectes qui assurent la fertilisation de la plante, et cet attrait repose sur ceci que, parmi les insectes eux-mêmes, la sensibilité olfactive a été développée souvent pendant leur accouplement.

L'emploi des parfums, par les femmes autant que par les hommes, excite à l'acte sexuel. Dans plusieurs parties du monde, surtout chez les peuples orientaux et parfois aussi en Europe, les femmes ont la coutume de parfumer leur corps, et spécialement la vulve.

Si l'homme primitif inclinait à déprécier une femme dont l'odeur était faible ou imperceptible, s'il se détournait d'elle avec dédain comme le fit le Polynésien lorsqu'il rencontra des dames à Sydney et s'écria : « Elles n'ont pas d'odeur ! », les femmes s'efforceraient inévitablement de suppléer aux défauts naturels sous ce rapport et d'accentuer leurs qualités odorantes, exactement comme elles se sont efforcées, même chez les civilisés, d'accentuer les saillies sexuelles de leur corps par l'emploi des corsets.

Il paraît très probable que les parfums ont été primitivement employés par les femmes, non, comme c'est parfois le cas chez les civilisés, avec l'intention de masquer toute odeur naturelle possible, mais dans le but d'augmenter et de fortifier l'odeur naturelle.

Nous pouvons, de cette manière, expliquer le fait que, jusqu'aux temps modernes, les odeurs préférées par les femmes n'ont pas été les odeurs les plus délicates ou les plus exquises, mais les odeurs les plus fortes, les plus animales, les plus sexuelles le musc, le castoréum, la civette et l'ambre gris.

Le musc est un parfum d'origine antique ; son nom est persan et dérive en dernier lieu du mot sanscrit signifiant testicule ; il tient au fait qu'on trouve cette substance dans une poche de parties sexuelles du chevrotin porte-musc. Le musc est une odeur qui, non seulement chez les animaux qui en tirent leur nom, mais aussi chez beaucoup d'autres, constitue une odeur sexuelle spécifique, principalement émise pendant la saison sexuelle.

Une mauvaise herbe, Chenopodium vulvaria, possède une odeur de hareng ou de poisson putride, qui paraît provenir de la propylamine, substance qu'on rencontre aussi dans les fleurs de l'aubépine et de plusieurs autres rosacées.

En Normandie le Chenopodium est appele «conio» (on dit à une Jeune fille qui a une forte odeur: «Tu sens le conio»),en Italie on l'appelle «erba connina», à cause de l'odeur vulvaire.

Achille Deveria