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dimanche 14 mai 2017

Le baiser barbare

Il était à genoux, par terre, devant elle ; et il lui entourait la taille de ses deux bras, la tête en arrière, les mains errantes ; les disques d'or suspendus à ses oreilles luisaient sur son cou bronzé ; de grosses larmes roulaient dans ses yeux pareils à des globes d'argent ; il soupirait d'une façon caressante, et murmurait de vagues paroles, plus légères qu'une brise et suaves comme un baiser.

Salammbô était envahie par une mollesse où elle perdait toute conscience d'elle-même. Quelque chose à la fois d'intime et de supérieur, un ordre des Dieux la forçait à s'y abandonner ; des nuages la soulevaient, et, en défaillant, elle se renversa sur le lit dans les poils du lion. Mâtho lui saisit les talons, la chaînette d'or éclata, et les deux bouts, en s'envolant, frappèrent la toile comme deux vipères rebondissantes. Le zaïmph tomba, l'enveloppait ; elle aperçut la figure de Mâtho se courbant sur sa poitrine.

«Moloch, tu me brûles ! » et les baisers du soldat, plus dévorateurs que des flammes, la parcouraient ; elle était comme enlevée dans un ouragan, prise dans la force du soleil.

Il baisa tous les doigts de ses mains, ses bras, ses pieds, et d'un bout à l'autre les longues tresses du ses cheveux.


Magnifique passage de Salammbô de Gustave Flaubert (1862)

Théodore Rivière, Pierre Bingen  
Salammbô chez Mâtho, Je t'aime ! Je t'aime en 1895

 Samantha Wolov

Je ne résiste pas à citer cette remarque de Gustave Flaubert dans sa correspondance en 1880 dont je devrais me souvenir : Plus je vais, plus je trouve farce l'importance que l'on donne aux organes uro-génitaux. Il serait temps d'en rire, non pas des organes - mais de ceux qui veulent coller dessus toute la moralité humaine.

Et comme ce génie n'est jamais avare de perspicacité :
Les honneurs déshonorent. Le titre dégrade. La fonction abrutit.
Il n'y a pas de vrai. Il n'y a que des manières de voir. 
 
La correspondance avec Mathieu Lindon, Thierry Savatier et Philippe Sollers.


                                                                    Almery Lobel Riche

dimanche 5 février 2017

La bête

Amante de Natalie Barney en 1902, 1903, Lucie Delarue écrit ces poèmes après leur rupture. Natalie Barney les fait publier en 1951, plusieurs années après la mort de Lucie : Nos secrètes amours. Pleins de feu, de sensualité et de vie, ces poèmes suivent l’évolution de leur passion jusqu’à son déclin. Roman lesbien

La bête

Nous pencherons sur toi notre corps et notre âme, 
Bouche intime, nudité de la nudité, 
Tendre et mystérieux repli de la beauté, 
Rose coquille où vit la passion des femmes ! 
Lorsque, pour t'adorer, nous plions le genou, 
L'odeur de tout l'amour exalte nos narines, 
Et, sous notre baiser, ton plaisir a le goût 
De goémons mouillés et des bêtes marines,
Toi de chair délicate et crue, étrange cœur 
Du monde, rétractile et secrète gencive, 
Bête terrible, bête au guet, bête lascive, 
Bête éternelle, - O joie !... O douleur !... O douceur !...



Samantha Wolov
Voir aussi Poétesse

lundi 22 septembre 2008

Photos d'art mateur

Je vous envoie chez le mateur d'art pour les 38 photos collectionnés sur ce thème.
Un travail magnifique.
Pour vous attirer cette photo de Samantha Wolov qui se trouve dans la galerie pré-citée.

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