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dimanche 30 juillet 2023

Une dispute de troubadour

Voyageons dans le temps et la langue avec cette dispute périgourdine du XXIIème siècle (1169 pour être précis) dite L'affaire Cornilh entre trois troubadours de langue d'oc, Raimon de Durfort, Truc Malec et Arnaut Daniel.

La dispute est celle-ci : La dame ena subit la cour insistante de Bernard de Cornilh. Elle se donnera à lui s'il lui embrasse l'anus. Ce dernier refuse et la question en discussion est de savoir s'il a eu tort ou raison. 

Truc Malec ouvre le débat, dans une cansó dont nous n'avons conservé qu'une seule cobla, suivi par la première pièce de Raimon, à laquelle répond à son tour Arnaut Daniel. Dans une seconde cansó-sirventés, Raimon lui répond. http://trobar.org/troubadours/

Ci dessous la seconde cobla de ce dernier chant : 

Non es bona dòmn' el mon,

Si·m mostrava·l còrn e·l con
Tot atretal com ilh se son
E pueis m'apelava: "'N Raimon,
Cornatz m'aicí sobre·l reon",
Qu'ieu no·i baissès la car' e·l front
Com si volgués beure en fon:
Drutz qu'a sa dòmna aissí respon,
Ben tan que de son còr l'aon.

Il n'y a pas de belle dame dans ce monde,
Si elle me montrait le cul et la chatte
Toujours ainsi tels qu'ils sont
Et puis m'appelle : "Sir Raimon,
Souffle moi ici, dans mon derrière"
Que je ne baisserais pas mon visage et mon front
Comme si je voulais boire à une fontaine :
Un amant qui répond ainsi à sa dame
Mérite bien la faveur de son cœur.

Et en chanson la réponse d'Arnaut Daniel.

que'l corns es fers, laitz e pelutz
e prions dinz en la palutz,
e anc nul jorn no estai essutz,
per que rellent en sus lo glutz
c'ades per si cor ne redutz:
e no taing que mais sia drutz
cel que sa boc'al corn condutz.

Car le corn est sauvage, laid et poilu
Et n’est jamais sec,
Et son marais est si profond
Que la poix y fermente et monte
Et ne coule, régurgitée :
Et je souhaite que jamais aucun amant
Ne collât sa bouche à ce corn.

 

jeudi 8 juillet 2021

Parfum intime

Si donc ce soir 

Tu m’avais prise 

Tu aurais mangé mon parfum 


Que restait-il 

Entre mes cuisses 

Et sous mes bras 

Et sur mes seins 

Pour qu’à la nuit je me confesse 

Et me baise 

Jusqu’au matin.

Confession. Simonne Michel Azais, Poèmes interdits, Paris, La Goelette, 1953

Illustration : Suzanne Ballivet

samedi 26 juin 2021

La pompe du bouc

Remy Belleau qui participa à la cérémonie improvisée à Arcueil dite de la Pompe du bouc en 1553 avec les futurs membres de la brigade puis de la Pléiade. 

Poème l'impuissance en français moderne proposé par le paradis des albatros

Quel désastre nouveau, quel étrange malheur

Me brasse le destin, me banissant de l’heur
Dont je pouvais jouir cette nuit près de celle
Qui brûle comme moi d’une amour naturelle ?

 
Hé quoi ! tenant ma langue entre l’ivoire blanc
De sa bouche de baume, enté flanc contre flanc,
Voyant du beau Printemps les richesses écloses,
Dessus son large sein les œillets et les roses,
Un tétin ferme et rond en fraise aboutissant,
Un crêpe d’or frisé sur un teint blanchissant,
Un petit mont, feutré de mousse délicate,
Tracé sur le milieu d’un filet d’écarlate,
Sous un ventre arrondi, grasselet, potelé ;

Illustration : Edgar Parin d'Aulaire
Comme beaucoup d'autres sur ce blog Edgar était avec son épouse Ingri un illustrateur de livre pour enfant.

samedi 19 juin 2021

Tes lèvres d’amour

Lors 

Tes lèvres d’amour entrouvriront ma vulve 

Et boiront mon désir 

Comme on boit un vin fou 

Ce désir 

Qui courait au long de mon échine 

Et faisait se cambrer mes reins 

A ton toucher si doux 

Lors 

Je ne saurai plus si c’est moi que tu aimes 

Ou seulement 

Ta joie 

De me donner l’amour


Amour, Simonne Michel Azais, Poèmes interdits, Paris, La Goelette, 1953

Illustration : William Theophilus Brown - peintre de la chaleur californienne

lundi 28 décembre 2020

Amoureux de la belle Jean

Amoureux de la belle Jean
J'en mangerais la pulpe et j'en
Boirais les délectables jus ...
Ô souvenir des biens que j'eus ...



T'aimer, presque muette et disparue, est dur
Quand chaque éclair de nuit, chaque lambeau d'azur
        Chaque heure, hélas, atrocement me vante
                La chaleur de ton sein,
                Ta bouche au fier dessin
                Et l'autre, plus vivante.
Parfois viennent trois mots, lointains et haletants :
Je m'amuse : je vais ; je vois ; je t'aime ; Attends...
C'est si peu pour la soif de votre seul sourire
Que ne ne me sens plus le courage d'écrire.


C'est en vain que tu te dérobes
Sous tous les plis que tu voudras
A la plus belle de tes robes
J'aime mieux le pli de tes draps


Bonjour, ma chérie,
Allô, mon désir,
Allô, mon plaisir,
Je te veux saisir
Dès l'or du matin
J'ai faim de te prendre
Mon premier festin
Soit-il ton satin
Tout tiède et tout tendre

Paul Valery

Illustration : Karl Maria Diez
Weiberherrschaft. Die Geschichte der körperlichen und der seelischen Erlebnisse des Julian Robinson nachmaligem Viscount Ladywood.
Cité par Armand Coppens Mémoire d'un libraire pornographe

mardi 22 décembre 2020

J'ai mangé ta chatte comme une pêche

Charles Bukowski Chanson d'amour dans le recueil Tempête pour les morts et les vivants. Une anthologie de poèmes inédits parus dans d’obscurs magazines, conservés dans des bibliothèques et collections privées.

J'ai mangé ta chatte comme une pêche,
j'ai avalé le noyau
le duvet,
calé entre tes jambes
j'ai sucé, mâchouillé, léché
avalé tout ton être, j'ai senti tout ton corps se tendre et tressaillir
comme
un fusil-mitrailleur
J'ai fait de ma langue une flèche
et le jus a coulé
et j'ai avalé
pris de folie
suçant l'intégralité de tes entrailles -
ton con tout entier dans ma bouche aspiré
j'ai mordu
j'ai mordu
et avalé
et toi aussi
tu as cédé à la folie
alors je me suis retiré pour recouvrir
de baisers ton nombril
avant de glisser entre les fleurs blanches de tes jambes.



J'ai embrassé, croqué
Mordillé encore une fois
Tout du long
Ces merveilleux poils pubiens
Qui m'attiraient, m'attiraient toujours plus
J'ai résisté tant que possible
Et puis j'ai bondi sur la chose
Suçant, lapant,
Des poils dans mon âme
Un con dans mon âme
Ton être entier dans mon âme
Dans un lit miraculeux
Avec dehors des cris d enfants
S'amusant sur leurs vélos
À roulettes aux environs de 5 heures de l'après midi
Cette heure merveilleuse
Que constitue 5 heures de l'après midi
Tous les poèmes d'amours étaient écrits
Ma langue est entrée dans ta chatte et dans ton âme
Le couvre lit bleu était là
Sans oublier les enfants dans l'allée
Et ça chantait, et ça chantait, et ça chantait
Et ça chantait

trad. Romain Monnery

samedi 6 juillet 2019

J’humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche

J’humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche

C'est la dernière étape du voyage au bout de cette nuit mais aussi le récit d'une vie de Zone le poème d'Apollinaire à la suite de sa rupture avec Marie Laurencin.

Dans le brouillon de Zone la vision est plus scabreuse et trop explicite :

Et j'humilie à cette pauvre fille ma bouche 
Je baise cette sorte de plaie chevelue et rouge

Après cette humiliation suprême le matin peut se lever, il peut rentrer à la maison le deuil est fait. Il y aura d'autres amours. Bien que, qu'en savons nous; Soleil cou coupé.




Luc Lafnet

mercredi 6 mars 2019

Lors tes lèvres

Lors
Tes lèvres d’amour entrouvriront ma vulve
Et boiront mon désir
Comme on boit un vin fou


Ce désir
Qui courait au long de mon Échine
Et faisait se cambrer mes reins
A ton toucher si doux



Lors
Je ne saurai plus si c’est moi que tu aimes
Ou seulement
Ta joie
De me donner l’amour.

Simonne Michel Azais, Poèmes interdits, Paris, La Goelette, 1953



Illustration Schem - Raoul Serres
professeur de gravure à l’École Estienne à Paris de 1932 à 1942.

mardi 1 janvier 2019

Le cul nie le cunni

Allitération, assonance, homophonie pour célébrer le corps féminin.

L'écho du corps de Ghérasim Lucas

Illustration Max Švabinský 1873 Kroměříž 1962 Prague

Poésie

prête-moi ta cervelle
cède-moi ton cerceau
ta cédille ta certitude
cette cerise
cède-moi cette cerise
ou à peu près une autre
cerne-moi de tes cernes
précipite-toi
dans le centre de mon être
sois le cercle de ce centre
le triangle de ce cercle
la quadrature de mes ongles
sois ceci ou cela ou à peu près
un autre
mais suis-moi précède-moi
séduction


 entre la nuit de ton nu et le jour de tes joues 
entre la vie de ton visage et la pie de tes pieds 
entre le temps de tes tempes et l'espace de ton esprit 
entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières 
entre le bas de tes bras et le haut de tes os
entre le do de ton dos et le la de ta langue 
entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris 
entre le thé de ta tête et les verres de tes vertèbres 
entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu 
entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve 
entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts 
entre le bout de tes doigts et le bout de ta bouche 
entre le pois de tes poils et la poix de ta poitrine 
entre le point de tes poings et la ligne de tes ligaments 
entre les pôles de tes épaules et le sud-est de ta sueur 
entre le cou de tes coudes et le coucou de ton cou 
entre le nez de tes nerfs et les fées de tes fesses 
entre l'air de ta chair et les lames de ton âme 
entre l'eau de ta peau et le seau de tes os 


entre la terre de tes artères et le feu de ton souffle 
entre le seing de tes seins et les seins de tes mains 
entre les villes de ta cheville et la nacelle de tes aisselles 
entre la source de tes sourcils et le but de ton buste 
entre le musc de tes muscles et le nard de tes narines
entre la muse de tes muscles et la méduse de ton médius 
entre le manteau de ton menton et le tulle de ta rotule 
entre le tain de ton talon et le ton de ton menton 
entre l'œil de ta taille et les dents de ton sang 
entre la pulpe de ta pupille et la serre de tes cernes 
entre les oreilles de tes orteils et le cervelet de ton cerveau 
entre l'oreiller de tes oreilles et la taie de ta tête 
entre le lévrier de tes lèvres et le poids de tes poignets 
entre les frontières de ton front et le visa de ton visage 
entre le pouls de tes poumons et le pouls de ton pouce 
entre le lait de tes mollets et le pot de ta paume 
entre les pommes de tes pommettes et le plat de tes omoplates 
entre les plantes de tes plantes et le palais de ton palais 
entre les roues de tes joues et les lombes de tes jambes 
entre le moi de ta voix et la soie de tes doigts 
entre le han de tes hanches et le halo de ton haleine
entre la haine de ton aine et les aines de tes veines 
entre les cuisses de tes caresses et l'odeur de ton cœur 
entre le génie de tes genoux et le nom du nombre 
du nombril de ton ombre

dimanche 30 décembre 2018

The Baroness Shaves Her Pubic Hair

Baroness Elsa 
Elsa von Freytag-Loringhoven 
E.V.F.L

The Baroness’s first poems were published beginning in 1918 in The Little Review, a literary magazine run in part by Ezra Pound and modernist Jane Heap, who was a champion of Freytag-Loringhoven’s work. The journal’s motto was “Making No Compromise With the Public’s Taste,” and it had published James Joyce’s Ulysses in serial form. In her straight-lined, all-caps handwriting, Elsa penned poems with delightfully effervescent titles like “Subjoyride,” “Holy Skirts,” and “A Dozen Cocktails — Please.” Her verse teetered on the boundary between brilliance and nonsense, challenging modernist mores of the time and ushering in a buoyant surrealist style full of playful word association and bold sexual boundary pushing. Heap called her “the only one living anywhere who dresses Dada, loves Dada, lives Dada.”




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Thus will be thine orbs: filmy – with curtains of happiness – – 
Thine mouth – stern – harsh muscles of thine jaws relax in pain – sweet as tears.
Breathless – thine heart – breathless – choking thine throat – 
Back it will drop into thine chest pounding thine frame!.
Juggular vein behind thine vengeful ears – -along thine vengeful white neck – fly like sides of a bellows.
Flesh: crystal – transparent.
Crimson joy in thine heart – crimson thine orbs!
Soft rubber thine bones – weak thou art – child!
Brain leave thee – Blissful – leave thee – seconds eternity.
Thine sheen: brass – copper – snow – scintillating moonstone – 
Scin-    lat-    moonstone – – – – 
        til-     ing

Saint Antony the second – wiser than the first – 
Sawest unity – necessity – sacrifice – – – Joy – battle – death – life – Godsatan – Satangod – 
Saint Antony the second – Wise One!

Adam – warrior – smileth strength – knowledge – 
Adam – New Man – steppest lightly – friend of serpent – drowsiness gone – 
Adam – takest Earth!

Such mine love?  electric fluid – current to thine wire – to make Light – 
Ah – h – h – such mine love!

Kiss me. . . . . . . upon the gleaming hill . . . . . . .*
Adam – Mine Love!
After thou hast squandered thine princely treasures into mine princely lap – there remains upon mine chest a golden crimson ball – weighing heavily – 
Thine head – 
     King Adam – Mine Love.

* Donated to the Censor

The Little Review 6.1 (1919): 73. 
Dessinateur non illucidé

samedi 17 mars 2018

Amignarder ma lèvre

Il attarde sa langue au creux brûlant de l’aine
Avant de l’introduire en plus discret endroit

Langue

Telle un pétale au bouton qui l’appelle
Et d’un rose aussi pur
Et d’aussi ferme émoi
Langue qui sauras mieux amignarder ma lèvre
Et la vouloir perler
Que le jeu de ses doigts
Langue qui me boiras
Quand je boirai la sève
Affleurée doucement à si troublant état
Langue qui me feras crier d’éblouissance
Amie de mon plaisir
Je m’entrouvre pour toi.

Poéme Jeux du recueil  Poèmes interdits, Paris, La Goelette, 1953. Illustration Madeleine Scellier

Simonne Michel Azaïs 1919 2012. Ce sont les seules annotations personnelles que j'ai trouvé. Et qu'elle était une sacrée fêtarde.

Amignarder ou amignotter ou amignouter : Traiter avec tendresse ce/ceux que l'on aime; tenter de s'attirer les faveurs de quelqu'un par la douceur.


Illustration Detlev Foth

mercredi 7 février 2018

Escondida, ardiente flora

Restons avec Rafael Alberti et les premiers vers de Canciones para Altair

Subes del mar, entras del mar ahora.
Mis labios sueñan ya con tus sabores.
Me beberé tus algas, los licores
de tu más escondida, ardiente flora.

Conmigo no podrá la lenta aurora,
pues me hallará prendido a tus alcores,
resbalando por dulces corredores
a ese abismo sin fin que me devora.

Ya estás del mar aquí, flor sacudida,
estrella revolcada, descendida
espuma seminal de mis desvelos.

Vuélcate, estírate, tiéndete, levanta,
éntrate toda entera en mi garganta,
y para siempre vuélame a tus cielos.


Rafael Alberti
Canciones para Altair
1988


Rafael était l'ami de Picasso et il a partagé notamment cette période des dessins sur Raphael et la fornarina. Billet de Margarita Cortadella


Raphael et la fornarina avec le pape tirant le rideau




De la Fornarina a Picasso

lundi 5 février 2018

el cielo de la boca

Cúbreme, amor, el cielo de la boca
con esa arrebatada espuma extrema,
que es jazmín del que sabe y del que quema,
brotado en punta de coral de roca.

Alóquemelo, amor, su sal, aloca
Tu lancinante aguda flor suprema,
Doblando su furor en la diadema
del mordiente clavel que la desboca.

¡Oh ceñido fluir, amor, oh bello
borbotar temperado de la nieve
por tan estrecha gruta en carne viva,

para mirar cómo tu fino cuello
se te resbala, amor, y se te llueve
de jazmines y estrellas de saliva! 


Rafael Alberti
Poète Andalou

Restons en Espagne pour une illustration décalée de Javier Mayoral




lundi 1 janvier 2018

Le baiser du laurier

Pour bien commencer l'année 2018 un baiser de fleur par Théophile Gautier.


Dans le Generalife il est un laurier-rose,
Gai comme la victoire, heureux comme l’amour.
Un jet d’eau, son voisin, l’enrichit et l’arrose ;
Une perle reluit dans chaque fleur éclose,
Et le frais émail vert se rit des feux du jour.


Il rougit dans l’azur comme une jeune fille ;
Ses fleurs, qui semblent vivre, ont des teintes de chair.
On dirait, à le voir sous l’onde qui scintille,
Une odalisque nue attendant qu’on l’habille,
Cheveux en pleurs, au bord du bassin au flot clair.


Ce laurier, je l’aimais d’une amour sans pareille ;
Chaque soir, près de lui j’allais me reposer ;
À l’une de ses fleurs, bouche humide et vermeille,
Je suspendais ma lèvre, et parfois, ô merveille !
J’ai cru sentir la fleur me rendre mon baiser… 

Généralife, 1843.

Illustration attribué à Eduard Tomek mais la signature ne correspond pas

samedi 18 novembre 2017

Joie Infernale

À cheval par-dessus ton visage, ô bandante ?

Pour que tu puisses voir ma verge et mon anus

Je plongerai dans la blessure de Vénus

Ma langue impétueuse et ma bouche abondante





Je trouerai dans les poils le baiser rubicond

Des grandes lèvres, sur qui frémiront mes lèvres

Et comme un dard de bouc à la vulve des chèvres

Le membre de ma gueule enfilera ton con.



Et tu hurleras, tu pleureras sous la brûlure

Mais l’emportement sauvage de mon allure

Tremblera jusqu’au fond par bonds interrompus


Et fou d’avoir léché la fente vaginale

Je boirai sur le spasme de ses bords lippus

Les fleurs témoignant de ta joie infernale.
Pierre Loüys 3 avril 1891.

lundi 2 octobre 2017

Acrostiche

D ans le lit maculé de foutre et de salive

E ve nue en chaleur et le ventre écumant

U nit sa belle bouche au con de son amant

X avière aux poils crépus sur une chair olive


G randes, plongeant la tête au gouffre des genoux,

O qu’elles font un couple atroce de femelles

U n couple oroventral bandant jusqu’aux mamelles

G avé de foutre clair et plein d’horreur pour nous


N ous les aimons pourtant, les gougnottes chéries

O uvrant leurs bouches d’ombre et leurs vulves fleuries

T rous d’amour destinés à nos membres virils


T out leur être nous a des grâces embrouillées

E t nous aimons, avec des gestes puérils,

S entir l’odeur des cons sur leurs bouches mouillées.


De Bayreuth à Eisenach, 13 août 1891.

(Écrit en chemin de fer.)
On retrouve dans ce poème les lieus communs des amours lesbiens vu par un homme. Une certaine tradition poétique décrivant les lesbiennes comme des êtres monstrueux (manstrueux).

Illustration : Frollo

mercredi 20 septembre 2017

A quoi servent-elles?


J'ai trop traîné mes couilles en des couches honteuses,
Mes couilles j'ai traîné en des lits frelatés,
Mes couilles ont arpenté des chattes ténébreuses
Où ma langue, déjà, les avait précédées.

Mes couilles sont parties pour de lointains voyages
Vers de noirs marécages aux rivages frisés ;
Elles sont parties, mes couilles, chez des dames sauvages
Qui me les caressaient pour mieux me les vider.

Mes couilles ont visité des donzelles novices
Qui pratiquaient le vice avec autorité ; 
Elles y ont débusqué d'affables chaudes-pisses
Qui riaient d'Hippocrate et des sulfamides.

Elles ont connu, mes couilles, de très graves alarmes
Parmi des gens bizarres qui me les ont brisées,
Et si, mon Dieu, le foutre ressemblait à des larmes,
Grands seraient les chagrins dont elles auraient pleuré.


Délire de Frédéric Dard vous pouvez aussi découvrir Mon sexe est un promeneur solitaire  

Repris par San Antonio dans Meurs pas, on a du monde en 1980

Tout cela pour continuer le voyage avec Rodzo