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jeudi 9 mai 2019

Au commencement et à la fin

Tant que la grenouille ne fit qu’être grenouille, son langage ne se développa pas considérablement, mais aussitôt que les sexes commencèrent à s’annoncer, des sensations étranges, impérieuses, obligèrent l’animal à crier à l’aide et au secours, car il ne pouvait se satisfaire lui-même, ni amortir les feux qui le consumaient. La raison en est que la grenouille n’a pas le bras long et tient son cou engoncé dans les épaules. Or, ce développement des sexes et le changement de la grenouille en mammifère amphibie, apte à se reproduire par l’accouplement sexuel, dura de l’âge de quarante à cent vingt ans pour chaque individu. Cet archiancêtre devait vivre en moyenne, comme la bête apocalyptique, de douze à treize siècles. Qu’on ne croie pas que cet animal manquât d’intelligence ; il était adroit, prudent et rusé, le langage très développé et au plus haut point obsédé de désirs vénériens et charnels qu’il satisfaisait par tous les moyens en son pouvoir, desquels le lèchement et le sucement réciproques des sexes était le plus innocent.
En effet, les grenouilles s’entre-aidant n’avaient pas encore la possibilité de se servir des doigts ; elles ne pouvaient employer que les lèvres, la gueule et la langue. Ces actes n’étaient pas plus blessants à la vue que ne l’est celui de la vache nettoyant son veau ou de la sainte mère allaitant son enfant ; mais, avec le temps, ils devinrent repoussants et les mêmes cris qui avaient été innocents, créèrent des esprits ou des mots de révolte et de dégoût. De plus le bras devint long et celui qui avait le bras long pouvait se satisfaire lui-même ; le cou se développa ainsi que l’épine dorsale qui devint très flexible, et l’ancêtre porta la gueule sur sa propre nudité. Tout cela se passait au bord des mares, des marais, des étangs et des rivières, en très nombreuse compagnie et au milieu d’un tapage et vacarme démoniaques dont les cris d’une bande de chats en rut peut donner une légère idée. C’est alors que les étoiles du matin poussaient ensemble des cris de joie et que tous les enfants de Dieu chantaient en triomphe. (Job 38-7.)
Ce sont donc les plus vives passions amoureuses qui ont délié la langue des ancêtres : ils étaient là, les yeux fixés réciproquement sur leur apparence sexuelle, et c’est dans cette vision béatifique, s’appelant et se stimulant, que leur esprit, le nôtre aujourd’hui, s’est formé ; car l’esprit est né de la chair et pour cela la chair a dû être torturée par tous les feux de l’amour le plus furieux.
On voit clairement par cette explication ce que va devenir l’analyse de la parole, car toutes les syllabes et presque tous les mots ont pris là leur naissance.

Jean-Pierre Brisset le mystère de dieu est accompli, 1890



Tomi Ungerer le Kamasutra des grenouilles

dimanche 28 octobre 2012

Feuille de rose

Ah faites-moi feuille de rose
Prenez pitié en mon aveu
C'est une langue que je veux
C'est mon cul que je vous propose

Mon cul s'éveille au souvenir
D'une inoubliable caresse
Que m'enseigna une négresse
dans un hôtel rue d'Aboukir

J'avais seize ans et des torsades
La noire me jugeant à point
Régala mon cul d'un shamppoing
Plus savoureux qu'une enculade

Je porte aujourd'hui les cheveux
Roulés en chignon sur la nuque
Mais j'aime encore qu'on me trouduque
Car j'ai le sphincter très nerveux

Et j'ai gardé très peu de hanches
Afin de pouvoir exhiber
Le tralala le plus bombé
Des tralalas que l'on emmanche

Schund & Schmutz t



Et mon anus est pour le doigt
Une merveilleuse alliance
Mais tu n'es pas bègue commence
Par le baiser que tu me dois

Je sens que ta langue pénètre
Et je décharge ô mon joli
Dufayel paierait cher peut-être
Pour voir ce qu'on fait dans son lit.


Guillaume Apollinaire

Julie ou la rose
L'illlustration de Tomi Ungerer me semble convenir et donne un coté ludique à cette demande audacieuse.

mardi 23 mars 2010

Les grenouilles d'Ungerer

Elles se déchainent les grenouilles de Tomi Ungerer (ce sont surement des crapauds d'ailleurs). C'est grâce au cabinet des curiosités que je découvre cette oeuvre. Personnellement je connaissais l'auteur pour enfant et notamment les 3 brigants.

Elles rigolent et s'en donnent à pleines joies et à pleine bouche. Ça va souvent de paire d'ailleurs. On a envie de chanter





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