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dimanche 16 décembre 2018

Laissez tomber la poésie.

Ecrit pour des raisons financières (1 dollars la page), Anaïs Nin publie ses nouvelles érotiques car J'ai finalement décidé de publier ces textes érotiques, parce qu'ils représentent les efforts premiers d'une femme pour parler d'un domaine qui avait été jusqu'alors réservé aux hommes.

Insistez sur le sexe. Laissez tomber la poésie. Tel est la consigne de leur commanditaire.

Les récits d'Anaïs Nin touche toutes les femmes ici un extrait de la nouvelle Elena du recueil delta of Venus en portugais.

Elena foi em busca do corpo mais abundante de Bijou. Leila era mais agressiva. Colocou Bijou deitada de lado, com uma perna jogada por cima de seu ombro, e a beijava entre as pernas. De vez em quando Bijou contorcia-se para trás, para longe dos beijos e mordidas lancinantes, da língua dura como o sexo de um homem. 
Ao se mover desse jeito, suas nádegas eram lançadas em cheio contra o rosto de Elena. Com as mãos, Elena estivera desfrutando do formato das nádegas; agora inseriu o dedo na pequena abertura apertada. Ali podia sentir cada contração provocada pelos beijos de Leila, como se estivesse tocando a parede contra a qual Leila movia a língua. Bijou, recuando da língua que a alcançava, movia-se na direção de um dedo que lhe deleitava. O prazer era expresso em melodiosas modulações de voz e, de vez em quando, como uma selvagem sendo escarnecida, cerrava os dentes e tentava morder aquela que estava tentalizando. 
Quando estava prestes a gozar e não podia mais se defender do prazer, Leila parou de beijá-la, deixando a meio caminho do ápice de uma sensação excruciante, semi-enlouquecida. Elena havia parado no mesmo momento.






Le même extrait en espagnol


Elena buscó el cuerpo más pleno de Bijou. Leila se mostraba más agresiva. Tenía a Bijou tendida a su lado, con una pierna echada sobre su propio hombro, y besaba a la prostituta entre las piernas. De vez en cuando, Bijou se echaba hacia atrás lejos de los incisivos besos y mordiscos, y de aquella len­gua, tan tiesa como un sexo de hombre.
Cuando se movía de esta manera, sus nalgas que­daban contra el rostro de Elena, que había estado complaciéndose con su forma y ahora introducía el dedo en la apretada y pequeña abertura. Allí podía sentir la contracción causada por los besos de Leila como si tocara la pared contra la cual Leila movía su lengua. Bijou, separándose de la lengua que la buscaba, se movió en torno al dedo que le procuraba placer. Su goce se expresaba en melodiosos murmullos y, de vez en cuando, como un salvaje en peligro, mostraba los dientes y trataba de morder a quien la estaba martirizando.

Cuando estuvo a punto de sentir el orgasmo y ya no podía defenderse de su propio placer, Leila dejó de besarla, abandonándola a medio camino de la cumbre de una sensación agudísima, al borde del delirio. Elena se había detenido en el mismo momento.


Le même extrait en anglais.

Elena sought the fuller body of Bijou. Leila was more aggressive. She had Bijou lying on her side, with one leg thrown over Leila's shoulder, and she was kissing Bijou between the legs. Now and then Bijou jerked backwards, away from the stinging kisses and bites, the tongue that was as hard as a man's sex. 
When she moved thus, her buttocks were thrown fully against Elena's face. With her hands Elena had been enjoying the shape of them, and now she inserted her finger into the tight little aperture. There she could feel every contraction caused by Leila's kisses, as if she were touching the wall against which Leila moved her tongue. Bijou, withdrawing from the tongue that searched her, moved into a finger which gave her joy. Her pleasure was expressed in melodious ripples of her voice, and now and then, like a savage being taunted, she bared her teeth and tried to bite the one who was tantalizing her. 
When she was about to come and could no longer defend herself against her pleasure, Leila stopped kissing her, leaving Bijou halfway on the peak of an excruciating sensation, half crazed. Elena had stopped at the same moment. 



Illustration : Photographie pornographique sur le thème des 2 amies.

Et les dessins de Rojan

samedi 3 novembre 2018

Antonin Nin




En compagnie d'Antonin Artaud, un film de Gerard Mordillat, 1993, d'après les cahiers de Jacques Prevel.

Est-ce que je pourrais dire des choses comme : J'aime le goût du baiser dans le baiser. J'aime le goût du cul dans le cul. J'aime le goût du sexe dans le sexe.


Une superbe présence au cinema "muet" avant de devenir un abominable cri.



Et au printemps 1933 une parenthèse de silence par la grâce d'Anaïs Nin 
Plusieurs choses nous rapprochent terriblement , mais une surtout: notre silence. Vous avez le même silence que moi. Et vous êtes la seule personne devant qui mon propre silence ne m’ait pas gêné. Vous avez un silence véhément où l’on dirait que l’on sent passer des essences, je le sens étrangement vivant, comme une trappe ouverte sur un gouffre, où l’on sentirait le murmure silencieux et secret de la terre. Il n’y a pas de poésie inutile et fabriquée dans tout ce que je vous raconte, d’ailleurs vous le sentez bien.

Antonin Artaud regarde Anaïs Nim devant Les Filles de Loth de Lucas van den Leyden et voit une émotion artistique toucher un être et le faire palpiter comme l’amourD’un coup je vois comblée, exactement, hermétiquement remplie (dans tous les sens) ma solitude sentimentale infinie.


Avec vous seulement 

… je veux vous amener à faire vivre devant moi des images, des images où je sente notre propre vie. J’ai depuis hier le goût d’une bouche de femme qui me poursuit, mais comme une idée, comme une essence. Ce goût n'est plus une chose du corps, il me montre à nu le sens même d’une âme.

Anaïs parle de cette rencontre dans son Journal de celui qu'elle appelle Nanaqui

I met Artaud at the Viking. I was trembling. And then began a night of ecstasy. We left the café, we walked in a dream, in a frenzy, Artaud torturing himself with mad talk about eternity, God. We kissed violently; an ecstasy. He said: “Entre nous il pourrait y avoir un meurtre.”
I was haunted by Artaud. the face of my hallucinations. The hallucinated eyes. The sharpness, the pain-carved features. The man-dreamer, innocent and diabolical, frail, nervous.

Je ne pense pas à Artaud en tant que corps. Je ne connais que les yeux de son corps. J'aime sa maigreur, ses gestes. je suis amoureuse de son esprit, de cette intelligence subtile à nulle autre pareille, des manifestations surnaturelles.

dimanche 21 octobre 2012

Anaïs Nin

Je profite de ce billet consacré à Anaïs Nin  et à Venus Erotica / Delta of Venus pour vous proposer également une revue de blog.

Artistes et modèles
Comment me voit-il, lui ? se demanda-t-elle. Elle se leva et alla chercher un grand miroir qu’elle posa face à la fenêtre, par terre contre une chaise. Puis elle s’assit sur un tapis, en se regardant, et écarta doucement les jambes. Le spectacle était un enchantement. La peau était sans défaut, et les lèvres roses et pleines. Cela lui fit penser à la feuille d’un caoutchouc dont il sort un lait secret lorsqu’on la presse avec les doigts, une sécrétion à l’odeur particulière, comme celle des coquillages. Ainsi de la mer, était née Vénus, portant en elle ce petit noyau de miel salé, que seules les caresses pouvaient extraire des profondeurs cachées du corps. Mathilde se demanda si elle pourrait le faire sortir de son mystérieux noyau. Elle ouvrit, de ses doigts, les petites lèvres et se mit à les caresser avec une douceur de chat.
Millard
Et je le fis, ouvrant, refermant, ouvrant, refermant. On aurait dit une bouche minuscule à l’intérieur, pressant ses lèvres autour du doigt. Je désirais le prendre tout entier, le sucer.

L'aventurier hongrois
Son sexe ressemblait à une fleur de serre géante, plus grand que tous ceux qu’avait vus le Baron, avec une toison abondante et bouclée, d’un noir brillant. Elle passait du rouge sur ces lèvres avec autant de soin qu’elle l’aurait fait sur sa bouche, si bien qu’elles finirent par ressembler à des camélias rouge sang, que l’on aurait forcés à s’ouvrir, pour laisser apparaître le bouton intérieur encore fermé tel le cœur plus pâle, à la peau plus fine, de la fleur.

le basque et Bijou
Bijou avait des difficultés à rester complètement immobile. Elle désirait écarter un peu plus les jambes. La main la frôlait si lentement. Elle suivait les contours, s'attardant sur les courbes, sur le genou, puis continuait. Elle s'arrêta juste avant le sexe. Sans doute l'avait-il observée pour voir si elle dormait profondément. Avec deux doigts, il commença à effleurer son sexe, à le masser.
Quand il sentit le miel couler tout doucement, il glissa sa tête sous sa jupe et commença à l'embrasser. Sa langue était longue, agile, pénétrante. Elle dut se retenir pour ne pas se coller contre cette bouche vorace.

Not to move, not to move, so as to permit him to do all he
wanted. What would a man do with a hypnotized woman whom
he did not need to fear or please in any way?


Elena
With tongues and fingers they pried into her, back and front, sometimes stopping to touch each other’s tongue - Elena and Leila, mouth to mouth, tongues curled together, over Bijou’s spread legs. Bijou raised herself to receive a kiss that would end her suspense. Elena and Leila, forgetting her, concentrated all their feelings in their tongues, flicking at each other. Bijou, impatient, madly aroused, began to stroke herself, then Leila and Elena pushed her hand away and fell upon her. Bijou’s orgasm came like an exquisite torment. At each spasm she moved as if she were being stabbed. She almost cried to have it end.

Over her prone body, Elena and Leila took up their tongue-kissing again, hands drunkenly searching each other, penetrating everywhere, until Elena cried out. Leila’s fingers had found her rhythm, and Elena clung to her, waiting for the pleasure to burst, while her own hands sought to give Leila the same pleasure. They tried to come in unison, but Elena came first, falling in a heap, detached from Leila’s hand, struck down by the violence of her orgasm. Leila fell beside her, offering her sex to Elena’s mouth. As Elena’s pleasure grew fainter, rolling away, dying off, she gave Leila her tongue, flicking in the sex’s mouth until Leila contracted and moaned. She bit into Leila’s flesh. In the paroxysm of her pleasure, Leila did not feel the teeth buried there.”

Sergio Escobar

Illustration Sergio Escobar