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mardi 31 octobre 2017

L'invention du cunnilingus

Le joli vocable que ce cunnilingus et ses origines latines. Mais le terme ne vient pas d'aussi loin. Il a été réinventé à la fin du XIXème siècle par de nouveaux scientifiques : les sexologues. Une nouvelle discipline invente toujours un nouveau vocabulaire.

Les dictionnaires anglo- saxon ne s'y trompe pas.
1885-90; < New Latin, Latin: one who licks the vulva, equivalent to cunni- (combining form of cunnus vulva) + -lingus (derivative of lingere to lick)
 Online Etymology Dictionary, © 2010 Douglas Harper 

Ces nouveaux scientifiques vont classer toutes les pratiques sexuelles dans un but 
à la fois clinique et criminologique. Cette nouvelle discipline trouve sa légitimité dans le développement des aires urbaines et de l'industrie qui nécessite un nouveau modèle de contrôle de la sexualité.

Citons Richard Freiherr von Krafft-Ebing  Psychiatre austro Hongrois (1840-1902) qui en 1886, publie  Psychopathia sexualis
Le cunnilingus de même que le fellare (penem in os mulieris arrigere) n'ont pas présenté jusqu'ici des symptômes psycho-pathologiques. Ces horreurs sexuelles ne semblent se rencontrer que chez les débauchés qui, rassasiés des jouissances sexuelles naturelles, ont vu en même temps s'affaiblir leur puissance. La pædicatio mulierum ne paraît pas être de nature psychopathique, mais une pratique d'époux d'un niveau moral très bas qui ont peur de faire des enfants, ou, on dehors du mariage, de cyniques rassasiés de jouissances sexuelles.
J'aime bien ce pædicatio mulierum littéralement sodomie de la femme mariée. 

Henry Havelock Ellis (1859-1939) médecin et psychologue britannique.Il publie en 1898 le 1er des 8 volumes des Études de psychologie sexuelle. Marié à Edith Lees.
Je n'ai pas l'intention de discuter ici ni le cunnilingus (application de la bouche au pudendum femelle), ni la fellation (application de la bouche à l'organe mâle). L'intermédiaire dans le premier cas est un homme, en cas de rapports normaux hétérosexuels ; dans le second cas, c'est une femme. Ce ne sont pas simples phénomènes tactiles, mais ils impliquent plusieurs autres éléments physiques et psychiques.
Le cunnilingus était une manifestation très familière aux temps classiques, ce qui ressort des allusions fréquentes et le plus souvent méprisantes d'Aristophane, Juvénal, et plusieurs autres auteurs grecs et romains.
Les Grecs regardaient cette pratique comme d'origine phénicienne, de même qu'on la regarde maintenant à faux, comme d'origine française. Cette pratique a tendance à dominer surtout en des périodes de civilisation élevée.
Le cunnilingus aussi bien que la fellation ont peu d'importance psychologique, sauf lorsqu'ils sont pratiqués à l'exclusion des rapports sexuels normaux. Dans ce dernier cas, ils deviennent des perversions, et, comme tels, ils ont tendance à s'associer à plusieurs conditions de dégénérescence bien que ces associations ne soient pas nécessaires.
Le caractère essentiellement normal du cunnilingus et de la fellation, lorsqu'ils surviennent comme des incidents dans le processus de tumescence, est démontré par le fait que nombre
L'occurrence du cunnilingus comme un épisode sexuel de tumescence chez les races humaines primitives trouve une illustration frappante dans certaine pratique des indigènes des îles Carolines
C'est ainsi que l'homme place un morceau de poisson entre les lèvres, tout en stimulant celles-ci de sa langue et de ses dents, jusqu'au moment où la femme urine sous l'empire de l'excitation sexuelle.

On considère que c'est l'indication du moment propice pour avoir des rapports.
Une telle pratique repose avant tout sur des faits physiologiques, quelle que puisse être l'opinion qu'on s'en forme d'un point de vue esthétique
Nous avons dans les lèvres une région frontière, entre peau et membrane muqueuse, qui est très sensible et ressemble sous bien des rapports à l'orifice vulvo-vaginal.
L'importance du baiser est renforcée encore par les mouvements actifs de la langue, qui est encore plus sensible que les lèvres.
Nulle part on n'a reconnu cela comme en France, où les lèvres d'une jeune fille sont religieusement réservées à son amant, à un tel point que parfois des jeunes filles se figurent que le côté physique tout entier de l'amour ne consiste que dans un baiser sur la bouche. 

Ellis intègrera ultérieurement dans le tome 6 les  Confession sexuelle d’un Russe du Sud dont vous retrouverez des extraits sur ce blog (entrée Ellis)



illustration : Édouard-Henri Avril (1849-1928)

dimanche 23 mars 2014

Colette, ou les amusements de bon ton

- Lèche !... Lèche bien !... lui disait Colette. Pointe ta langue dans le haut… Trouve… ne sens-tu pas le petit bouton ?... Oui… là… comme ça… un peu plus fort… Ah ! ah !... parfait !
Elle lui avait passé sa jambe gauche en collier, et paresseusement adossée, les deux bras sous sa nuque, elle balançait sa motte aux coups de langue du gamin.
- Mais, c’est qu’il sait faire, le vicieux !... Ah ! qu’il suce bien !...
Elle ne fut pas longue à jouir.
- Plus vite !... plus vite !... Mets ton doigt dans mon cul… Ah ! ah !...
Elle agita son ventre.Très grande
- Ah ! ça y est !... ça y est !... gémit-elle dans son étreinte de ses jambes autour de la jolie tête.





Vous trouvez peut-être cette scène un peu classique mais laissez-vous vous présentez le contre-champs
Et pendant ce temps :
tout à l’heure, tu l’enculeras !... Pour l’instant, astique-lui le vit… ça m’excite !
« Ça m’excite ! » c’est son mot le plus familier. Il est irrésistible et sans réplique.
Je branlai donc le joli cousin, tout en prenant de mon autre main une revanche sur sa charmante croupe où je cherchais la perverse émotion du sexe bâtard. Sa verge, courte et fluette, servait mon illusion, tandis que mon doigt s’amusait autour de son anus sans poils.
Au même moment, je sentis la petite queue se gonfler, quelques gouttes chaudes perlèrent sur mon pouce et le gosse tituba.
- Vite, viens me le mettre, dit Colette qui l’attirait à elle de toute la force de son désir… Viens, petit, que je me paie ton pucelage !...
Mais la queue de René n’était plus qu’une chiffe molle.
- Quoi ? Déjà tu débandes ? … T’es donc pas un homme ! fit Colette avec humeur.
Ma jalousie d’amant se gaudissait de cette défaillance.
- Voyons, observai-je, tu ne vas pas te faire monter par un même qui n’a que du lait dans les couilles !
- Mais si, mais si, s’obstinait la goule. Je veux qu’il me baise devant toi… Hein ! mon petit, que tu vas me baiser ? Allons, bande ! Tu verras si c’est bon de mettre sa quéquette dans un con de femme ! Puisque t’oses pas avec ta mère, c’est moi qui vais te régaler !... Seulement, bande, petit couillon… D’abord, foutons-nous à poil !... »
Colette et son amant vont-ils réussir à se faire le petit cousin? Je vous laisse imaginer la suite
 gamiani2 avril

Illustration de Gamiani d'après Paul Avril

vendredi 17 décembre 2010

Fututrice langue

            Manneius, mari par sa langue, adultère par sa bouche,

            Plus sale que les bouches du Summaenium,
            Devant qui, le voyant nu de sa fenêtre, à Suburre,
            L’obscène prostitueuse ferme son lupanar,
            Et dont elle aime mieux baiser le mitant que le haut ;
            Lui qui naguère allait par tous les canaux des viscères,
            Et d’un ton assuré, avec certitude, disait
            S’il y avait un garçon ou un e fille dans le ventre d’une mère
            (réjouissez-vous, vulves, car votre pièce est jouée),
            Manneius ne peut plus allonger sa fututrice langue
            A force de coller ses lèvres sur une vulve tuméfiée
            Et d’écouter en dedans vagir les fœtus,
            Voici qu’un mal indécent pourrit sa bouche goulue,
            Et qu’il ne peut plus être propre ni malpropre ».
Terrible diatribe de Martial, Poète de la décadence romaine, il a traversé les règnes de Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus, Domitien, Nerva et Trajan.
 Il a lui-même commenté son oeuvre d'épigrammes
 Sunt bona, sunt quadam medioeria, sunt mala piuca.
 Le plus grand nombre sont mauvaises, mais il y en a d'excellentes

436px_Pompeii___Terme_Suburbane___Apodyterium___Scene_IV

DE MANNEIO.
Lingua maritus, mœchus ore Manneius,
Summœnianis inquinatior buccis;
Quem quum fenestra vidit a Suburrana
Obscena nudum lena, fornicem eludit,
Mediumque mavult basiare, quam summum;
Modo qui per omnes viscerum tubos ibat,
Et voce certa, consciaque dicebat,
Puer, an puella matris esset ia ventre
(Gaudete cunni; vestra namque res acta est);
Arrigere linguam non potest futulricem.
Nam, dum tumenti mersus haeret in vulva ,
Et vagientes intus audit infantes,
Partem gulosam solvit indecens morbus:
Nec purus esse nunc potest, nec impurus.
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Édouard-Henri Avril De Figuris Veneris
Mari par la langue, vil complaisant par la bouche, plus sale que les plus sales coureuses de remparts, Manneius, à l'aspect de qui toute entremetteuse de Suburra ferme la porte de son clapier, pour défendre ses beautés nues; Manneiusdont les baisers cherchent le milieu de préférence; Manneius qui sondait jusqu'en leurs dernières profondeurs les entrailles d'une mère et annonçait à coup sûr si c'était un garçon ou une fille qu'elle portait dans son sein; Manneius(réjouis-t'en, nature féminine, car tu n'as plus rien à démêler avec lui) ne peut plus faire manœuvrer sa langue usurpatrice : car, tandis qu'immobile au fond de son canal favori, il explore les vagissemens intérieurs de l'enfant qui se forme, une maladie honteuse a paralysé cette langue insatiable; de telle sorte, qu'il ne lui est plus possible à présent d'être ni pur ni impur.