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mercredi 23 décembre 2020

Duchamp point.

Marcel Duchamp est un artiste. Il l'est depuis sa plus tendre enfance normande, il est éduqué pour cela ainsi que sa soeur et ses frères. Alors, lorsque ses amis lui demande de renommer sa première grande oeuvre Nu descendant un escalier (N°2), il préfère la retirer de l'exposition des indépendants de 1912 et ne plus peindre.

L’incident a déterminé en moi, sans même que je m’en rende compte, une complète révision de mes valeurs. (cité par Marc Décimo) L'histoire de l'art en sera bouleversée : Ressentiment + érudition (intelligence) + humour voici le cocktail révolutionnaire. 

Refusé en Europe, Nu descendant un escalier (N°2) sera exposé en 1913 à l'Armory Show de New York. Marcel dispose d'un nouveau continent pour inventer le futur de l'art.

1913 Première intuition : il associe une roue de bicyclette sur un tabouret. Simplement mouvement.

L'année suivante il achète un porte bouteille au BHV. Cette fois ci il n'y a aucune intervention de l'artiste. Seul le choix.

Janvier 2016 nouvelle intuition : ajouter une phrase et une signature à l'objet pour le transformer en art. Lettre du 15 janvier 1916 de Marcel (A New-york) à Suzanne (sa soeur) :

Prends pour toi ce porte-bouteilles. J’en fais un « ready-made » à distance. Tu inscriras en bas et à l’intérieur du cercle du bas, en petites lettres peintes avec un pinceau à l’huile en couleur blanc d’argent l’inscription que je vais te donner ci après, et tu signeras de la même écriture comme suit : [d’après] Marcel Duchamp

La pièce ayant été perdue, cette opération n'aura pas lieu. Plus tard, il reproduira cette création mais cette fois c'est la phrase qu'il aura oublié.

En 1917, il ajoute ce qui a toujours fait partie de la création artistique : la polémique. C'est l'histoire de l'urinoir.

Marcel Duchamp vient de tuer l'art et d'en inventer un nouveau avec ses qualités : ressentiment, érudition, humour.

Marcel Duchamp s'amusera avec sérieux de cette activité de démiurge et va consacrer le temps qui reste à ses 2 créations : La mariée mise à nu par ses célibataires, même de 1915 à 1923 et Etant donnés de 1946 à 1966 qui ne devra être dévoilé selon ses volontés qu'un an après sa mort.

La vie américaine c'est Francis Picabia, pas pris au sérieux car trop fortuné, Gabriële Buffet-Picabia la mariée de Duchamp ou la femme au cerveau érotiqueHenri-Pierre Roché le cavaleur, Beatrice Wood, Man Ray, Mary Reynolds.

Eros c'est la vie. Et à la fin il y a Etant donnés : 1° la chute d'eau 2° le gaz d'éclairage…


Pour voir cela il faut regarder à travers 2 trous dans une large porte. Installation ci dessous.






Albrecht Dürer, la grille de dessin

Duchamp nous met à la place de l'artiste, il nous donne à voir. Concentre le regard. Il nous connait. Il sait que l'on ne sait pas regarder.


Ce que le tableau des peintres nous inspire : Etant donné est un hommage au tableau du peintre : à Courbet et sa fille aux bas blancs, à Manet et son déjeuner sur l'herbe, à Vinci et sa Mona, à Titien et sa Vénus.

Etant donné est un héritage de l'art et d'un artiste...

jeudi 8 février 2018

Mr and Mrs Woodman

Mr and Mrs Woodman est une oeuvre de Man Ray. 27 photographies de 1947 des ébats érotiques de 2 mannequins en bois servant aux artistes peintres. Cette série n'était certainement pas destinée à la postérité. Est-ce que cette série signifie que le temps passe que les joies du sexe ne sont que des souvenirs? Ou au contraire que tout peut recommencer. Que nous ne sommes que marionnettes? Ou que les marionnettes aussi peuvent vivre. Qu'il est loin l'été 37. Ou que l'été ici est permanent. En 1947, Man Ray est un exilé à Hollywood loin, très loin de New York, de Paris et de la côte d'azur.

I explored the town. It was like some place in the South of France with its palm-bordered streets and low stucco dwellings. Somewhat more prim, less rambling, but the same radiant sunshine. More cars, of course, yet they seemed to whiz past apologetically so as not to obstruct the scene. And I seemed to be the only one on foot, sauntering along leisurely, avoiding the more populated districts. One might retire here, I thought, live and work quietly—why go any farther?
—Man Ray





mercredi 14 juin 2017

Eté 37

Eté 1937 on connait cette photo  sur lequel Paul Eluard joue avec Nusch sous le regard de Roland Penrose, Man Ray et Ady Fidelin avec son sourire radieux et sa poitrine qui ne l'est pas moins. Photo pouvant être prise par Lee Miller.



La suivante prise certainement par Roland Penrose avec Lee Miller et ses seins de blonde et la moue d'Ady Fidélin.



Quel témoignage de la liberté de ce groupe. Loin de la vie politique entre front populaire et montée du fascisme.

On retrouve l'art de la mise en scène sexuelle de Paul Eluard avec Ady et Lee.



Et la série devient encore plus sexuelle sur les rochers de Cannes avec toujours la mise en scène cette fois dirigée par Nush pour ce cunni de Paul et d'Ady.  Photo de Man Ray.




 

 Vraiment un bel été.




Voir également  Monsieur Cocosse

Mettez vous en scène, sortez vos smartphones, l'été 17 sera chaud.

jeudi 6 novembre 2014

Le déjeuner à la fourrure

Meret Oppenheim fait partie de l'histoire de l'art depuis la création en 1936 de son « objet-fétiche »  qui avait tant impressionné  André Breton. C'est lui qui fait le lien avec le déjeuner sur l'herbe d'Edouard Manet et son érotisme subconscient et nomme l’œuvre Le déjeuner en fourrure. La tasse que l'on porte à la bouche se couvre d'un délicate fourrure.

J’avais à la maison une fourrure très mince à poils ras, c’était une gazelle chinoise. 
  
Ma gouvernante, my nurse, mein Kindermädchen peut être vu comme un plat de cuisse de pintade ou également une forme de femme, de bondage, sexe et anus offert.


Et que dire de Bon appétit, Marcel




Et pour le plaisir les photos Erotique Voilée de Man Ray

mercredi 10 avril 2013

Ma salive et ma bouche

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l'oeillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s'étirent.


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Carrière de braise rouge,
près d'une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de Si loin,

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.


La main touche une juppe est un poème d'Alain Borne, où poésie rime avec engagement. Ces mots, cet amour, un homme les relie Pierre Seghers.

lheure_399_tMan Ray A l'heure de L'observatoire les amoureux

Mes lèvres ne peuvent plus s'ouvrir
que pour dire ton nom
baiser ta bouche
te devenir en te cherchant.

Tu es au bout de chacun de mes mots
tu les emplis, les brûles, les vides.

Te voici en eux
tu es ma salive et ma bouche
et mon silence même est crispé de toi.

Je me couche dans la poussière, les yeux fermés

La nuit sera totale, tant que l'aube
et le grand jour de ta chair
ne passeront pas au-dessus de moi
comme un vol de soleils.

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Tu es ma salive et ma bouche. Ces mots font échos avec les mots de René Char (voir René Char chez la petite mélancolie).


Ma salive sur ton sexe, crie l'homme à la femme, c'est encore ton sang qui échappe au contrôle de mes mains.
man-ray_the-lovers_b03_0151_israelRésonne avec les mots de Joyce Mansour
Invitez-moi à passer la nuit dans votre bouche
Racontez-moi la jeunesse des rivières
Pressez ma langue contre votre œil de verre
Donnez-moi votre jambe comme nourrice
Et puis dormons frère de mon frère
Car nos baisers meurent plus vite que la nuit.

Déchirures 1965 Éditions de Minuit

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Laisse-moi t’aimer.
J’aime le goût de ton sang épais
Je le garde longtemps dans ma bouche sans dents.
Son ardeur me brûle la gorge.
J’aime ta sueur.
J’aime caresser tes aisselles
Ruisselantes de joie.
Laisse-moi t’aimer
Laisse-moi sécher tes yeux fermés
Laisse-moi les percer avec ma langue pointue
Et remplir leur creux de ma salive triomphante.
Laisse-moi t’aveugler.
(Cris, 1953)


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Je retrouve le vers de René Char chez François d'Alayrac
 
Non.
Certes, tu as raison.
Je ne puis admettre une Nature sans femme.

Ma salive sur ton sexe  crie l'homme  pour la femme à invertir le Ciel.