Affichage des articles dont le libellé est Baffo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Baffo. Afficher tous les articles

samedi 25 octobre 2014

Supplément à l'élogue du con


Sur un vit comme il faut, qu'un con a de vertu!
Peut-il bander et passer outre?
J'ignore, Dieu merci! le mal d'avoir foutu. 

Mais je connais le bien de foutre.
C'était hier, c'est aujourd'hui,
Toujours je baiserai, je foutrai pour mieux dire. 

Je suis né par le con, je périrai par lui;
C'est mon aimant que le con, il m'attire:
Ma langue (ineffable douceur!) 

D'un con frais, d'un con pur est la seconde éponge. 
Aussi je le prépare, et lorsque je m'y plonge,
Les plus heureux du monde envieraient mon bonheur. 



L'arétin français pseudo traduction des Sonetti Lussuriosi de Pierre Arétin Pietro Aretino (1492 – 1556) par Félix Nogaret (1740 - 1831) .

Ce texte de 1787 démontre que le libertinage français du XVIII est sous l'influence de l'oeuvre de l'auteur de la renaissance. 

L'arétin est devenu un genre de livre : recueil de gravures figurant des positions sexuelles. Je ne sais pas si à l'époque de youporn cela a encore une certaine notoriété.

Le XXème siècle aussi n'oubliera pas le précurseur italien du langage pornographique :

Son portrait par Maupassant qui n'oublie pas de préciser qu'il est contemporain de Rabelais (sur wikipédia on mentionne plutôt Titien)

Préface de la traduction Française par Apollinaire bien sur, qui présentera également l’éloge du con de Baffo.

 

vendredi 4 octobre 2013

Le bonheur est dans le vagin

Ou si vous préférez le bonheur est dans la chatte.
Ont beau dire les grands philosophes
Que le bonheur est dans la vertu (…)
Moi je crie sur mes deux pattes (..)
Que le bonheur est dans la chatte.

En secret Giorgio Baffo, Sénateur et magistrat de Venise, déplorait les passions humaines traditionnelles, la vertue, l'abstinence, la richesse, les honneurs et le pouvoir.

Tutto ine fá da pianzer a sto inondo ;
(...)
E rido solo, quando son in mona.

Voir Maurice Regnaut pour la vie et l'oeuvre
 
Son oeuvre érotique consacré exclusivement à la mona, (choisissez votre traduction) Il admet toute les positions mais le plaisir ultime est de baiser car quand on baise on possède le monde pendant un moment.

Schund & Schmutz g

Gusto del chiavar Sonetto
 
No digo che no sia gusto a toccar
un bel culo de qualche buzzarona
che no sia gusto de liccar la mona
che no sia gusto farselo menar
Colla so lengua in bocca da basar
no digo no la sia una cossa bona
in somma tutto quel che co una dona
de più lascivo al mondo se pol far
xe tutti quanti gusti bei, e boni
ma quello del chiavar per mi sostento
che 'l sia un gusto tra i gusti buzzaroni
perche quando in mona se xe drento
de tutto el mondo par se sia paroni
e tutto se daria per quel momento


Traducion Régis Doucet

Je ne dis pas qu'on ait du plaisir a toucher
le beau cul de quelque bougresse
qu'il n'y ait pas de plaisir à patiner la moniche
qu'il n'y ait pas de plaisir a se faire branler
Decharger en ayant langue en bouche
je ne dis pas que ce ne soit une bonne chose
non plus que tout ce qui, en somme, avec une femme
se peut faire de plus lascif au monde
Tous ces plaisirs-là sont beaux et bons
mais celui de baiser, pour moi, je soutiens
que c'est un plaisir au dessus de tous les plaisirs fous
car lorsqu'on est dans la moniche
il semble qu'on soit le maitre de l'univers
et l'on donnerait tout pour ce moment là.


Et les lectures d'Anne Archet et autres

dimanche 24 mars 2013

Mona lisa ou l'éloge de la chatte

Baffo (1694 - 1768) ne veut pas de métaphores, il donne à la sexualité les noms qu'elle a dans la bouche commune, et l'obscénité de la langue parlée accède alors à sa pleine dignité. Toutes les hyperboles, périphrases, équivoques, toutes les figures du langage érotique de son temps, langage malade, en décomposition, Baffo, comme Sade, les élimine et, plus libre que Sade, il invente une santé. La "littérature", il en va d'elle comme des "parures des dames": il faut la lire, la traverser, la dénoncer, langage qui ne dit rien d'autre en fait que le désir. Maurice Régnault

Giorgio baffo ou le Poeta pornografo

J'ai découvert Giorgio Baffo à partir d'un lien avec Moniche. Tous les poèmes de Giorgo Baffo écrit en vénitien parle de la Mona, le sexe féminin. Je ne sais pas si le bondage était une pratique de l'époque mais il vous faut bien une petite pause visuelle.

82676149_p

Heureusement toutes les traducteurs (trices) ne traduisent pas mona par moniche. Ainsi du poème le plus connu : LODE ALLA MONA.

Cara Mona, che in mezzo a do colone
    Ti xe là messa, come un capitelo,
    Per cupola ti gà do culatone,
    E ’l bus del Cul de sora xe ’l to Cielo.

Chère Moniche qui, entre deux colonnes,
Est mise là, ainsi qu'un chapiteau,
Pour coupole tu as deux grosses fesses
Et le trou du cul, au-dessus, est ton ciel.
Ou la traduction chez venise libertinage
Chère chatte, qui est à comme un chapiteau
Au sommet de deux colonnes,
Avec pour coupole, deux grosses fesses
Avec le trou du cul et sa sœur le trou du ciel.

(...)
Notte, e zorno ti fà miracoloni,
    Che l’acqua, che trà sù la to fontana,
    Dà vita ai morti, e spirito ai Cogioni

Nuit et jour tu opères de grands miracles,
Car l'eau que fait jaillir ta fontaine
Donne la vie aux morts et l'esprit aux couillons.
Ou
Donne vie à la bite et donne l'esprit aux couilles

Pour ma part je ne peux me permettre d'oser une traduction mais je vous propose celui-ci dont les sonorités me parlent.

Amici, son in mona; oh che gran gusto! 
Amici, son in mona; oh che gran gusto!
E son in mona della mia diletta;
Ora ghe tocco 'l cul, ora una tetta,
E in questo posso dir, che go 'l mio giusto.

La s'ha mollà le cottole, e anca 'l busto,
Acciò che con più comodo ghe 'l metta,
In bocca la m'ha dà la so lenguetta,
E la me trà ogni tanto qualche susto.

Mi me la godo fuora de misura,
E aver vorrìa l'osello longo un brazzo
Per furegarghe ben in la natura.

Ah! che per far più grande el mio solazzo,
E per darghe più gusto a sta creatura,
Esser vorrìa in sto punto tutto cazzo.

Vous pouvez retrouver des poèmes sur les lesbiennes chez venise libertinage, et une grande sélection de poèmes sur wikisource ou chez scribd.

Vous pouvez également trouvez les poèmes de Baffo illustrés par Hugo Pratt. ou par Michèle Teysseyre.

9910000024283_cg

Pratt02 
Et pour finir je ne connaissais pas le mot d'Apollinaire sur Venise : Le Baffo était content de son époque, il était heureux de vivre, et de vivre à Venise, ville amphibie, cité humide, sexe femelle de l’Europe. Apollinaire