vendredi 8 mai 2020

Raconte ou comment je sentirais tes mots comme si tu me léchais.

Contes à faire rougir les petits chaperons de Jean-Pierre Enard est indispensable dans votre petite bibliothèque érotique. Dans l'extrait ci dessous la compagne du narrateur l'oblige a raconter l'histoire de Blanche neige et des sept nains.

Carole s'est soulevé. Elle a escaladé mon corps. Elle s'est allongée tête-bêche sur moi. Elle a saisi le bout enflammé de ma queue dans l'anneau de ses lèvres. Elle m'a ordonné :

- Raconte ... Pendant ce temps, je te suce lentement ... Je sentirais tes mots comme si tu me léchais.

Elle a posé son con tout contre mes lèvres. J'avais la voix étranglée. Impossible de parler.

- Raconte ou je m'en vais

J'ai retrouvé la parole, comme par enchantement. Jamais je n'avais parlé bouche à bouche comme cela. C'était comme si mes mots lui entraient dans le con. Parfois mon amie tressaillait de tout son corps. Des gouttes de liqueur me tombaient dans le gosier et me donnaient la vigueur nécessaire pour aller plus loin.



dimanche 17 novembre 2019

Criminal Sit on

Depuis décembre 2018 Amy était en prison en attendant son jugement. Elle vient de retrouver sa liberté en probation (elle a pris 3 ans). Son crime Violence conjugale.

Nue, elle avait poursuivi son conjoint dans leur domicile avant de le jeter à terre en lui hurlant "Eat my pussy".

Pris entre les fesses de sa compagne la victime a eu peur d'étouffer et s'en est tiré avec une fracture du nez.

Amy avec ses percing sa coupe punk a dû beaucoup souffrir du traitement médiatique de cette affaire plus violente que lorsque la violence est d'origine masculine et que la victime décède sous les coups.

Alors Amy je te souhaite une bonne libération et n'y retourne pas.



samedi 6 juillet 2019

J’humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche

J’humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche

C'est la dernière étape du voyage au bout de cette nuit mais aussi le récit d'une vie de Zone le poème d'Apollinaire à la suite de sa rupture avec Marie Laurencin.

Dans le brouillon de Zone la vision est plus scabreuse et trop explicite :

Et j'humilie à cette pauvre fille ma bouche 
Je baise cette sorte de plaie chevelue et rouge

Après cette humiliation suprême le matin peut se lever, il peut rentrer à la maison le deuil est fait. Il y aura d'autres amours. Bien que, qu'en savons nous; Soleil cou coupé.




Luc Lafnet

mardi 4 juin 2019

Les amies du crime

Après les premières caresses, Durand, moins gênée que lorsque Clairwil était, comme autrefois, en tiers avec nous, me déclara ses fantaisies, en me suppliant de m'y soumettre. A genoux devant moi, il fallait qu'en l'accablant d'invectives, je lui frottasse le nez tour à tour, et de mon con et de mon cul ; il fallait, en frottant le devant, que je lui piquasse sur le visage. Cela fait, je devais la couvrir de coups de pied et de coups de poing, m'emparer d'une poignée de verges, et la fustiger jusqu'au sang. Quand, à force de mauvais traitements, je l'aurais étendue par terre, il fallait que, ma tête entre ses cuisses, je la gamahuchasse un quart d'heure, en la socratisant d'une main, et lui branlant les tétons de l'autre ; ensuite, dès qu'elle serait bien en feu, je devais me laisser enculer avec son clitoris, pendant qu'elle chatouillerait le mien.
    - Je te demande pardon de tant de choses, Juliette, me dit cette libertine, après m'avoir tout expliqué ; mais si tu savais où nous entraîne la satiété !...
    - Après trente-cinq ans d'un libertinage soutenu, on ne doit jamais faire des excuses de ses goûts, répondis-je : tous sont respectables, tous sont dans la nature ; le meilleur de tous est celui qui nous flatte le mieux.








    Et me mettant à l'opération, je la satisfis si bien, qu'elle pensa mourir de plaisir. Rien n'égalait les crises voluptueuses de la Durand. De mes jours je n'avais vu de femme décharger ainsi : non seulement elle élançait son foutre comme un homme, mais elle accompagnait cette éjaculation de cris si furieux, de blasphèmes tellement énergiques, et de spasmes si violents, qu'on eût cru qu'elle tombait en épilepsie. Je fus enculée comme si j'eusse eu affaire à un homme, et j'y ressentis le même plaisir.
    - Eh bien ! me dit-elle, en se relevant, es-tu contente de moi ?
    - Oh ! foutre, m'écriai-je, tu es délicieuse, tu es un vrai modèle de lubricité ! tes passions m'embrasent : rends-moi tout ce que je t'ai fait.

    - Quoi ! tu veux être battue ?
    - Oui.
    - Souffletée, fustigée ?
    - Assurément.
    - Tu veux que je pisse sur ton visage ?
    - Sans doute, et que tu te dépêches ; car je bande et veux décharger.



    

La Durand, plus accoutumée que moi à ces services, s'y prend avec une telle agilité, elle y emploie une si grande adresse, qu'elle me fait à l'instant partir, sous les titillations voluptueuses de sa langue impudique.
    - Comme tu décharges, cher amour ! me dit-elle ; comme tu ressens énergiquement le plaisir ! Ah ! tu ne me le cèdes en rien.
    - Il faut que je te l'avoue, Durand, répondis-je, tu m'échauffes étonnamment la tête ; je suis étonnamment glorieuse d'être liée avec une femme comme toi ; maîtresses toutes deux des jours de l'univers entier, il me semble que notre réunion nous rend supérieures à la nature même. Oh ! que de crimes nous allons commettre ! que d'infamies nous allons faire !




D. -A. -F. Sade
L'Histoire de Juliette, sa soeur ou les prospérités du vice

Dessin Philippe Cavell
BD de Francis Leroi et Philppe Cavell Éditions Dominique Leroy (Vertiges Bulles) - 1979

jeudi 9 mai 2019

Au commencement et à la fin

Tant que la grenouille ne fit qu’être grenouille, son langage ne se développa pas considérablement, mais aussitôt que les sexes commencèrent à s’annoncer, des sensations étranges, impérieuses, obligèrent l’animal à crier à l’aide et au secours, car il ne pouvait se satisfaire lui-même, ni amortir les feux qui le consumaient. La raison en est que la grenouille n’a pas le bras long et tient son cou engoncé dans les épaules. Or, ce développement des sexes et le changement de la grenouille en mammifère amphibie, apte à se reproduire par l’accouplement sexuel, dura de l’âge de quarante à cent vingt ans pour chaque individu. Cet archiancêtre devait vivre en moyenne, comme la bête apocalyptique, de douze à treize siècles. Qu’on ne croie pas que cet animal manquât d’intelligence ; il était adroit, prudent et rusé, le langage très développé et au plus haut point obsédé de désirs vénériens et charnels qu’il satisfaisait par tous les moyens en son pouvoir, desquels le lèchement et le sucement réciproques des sexes était le plus innocent.
En effet, les grenouilles s’entre-aidant n’avaient pas encore la possibilité de se servir des doigts ; elles ne pouvaient employer que les lèvres, la gueule et la langue. Ces actes n’étaient pas plus blessants à la vue que ne l’est celui de la vache nettoyant son veau ou de la sainte mère allaitant son enfant ; mais, avec le temps, ils devinrent repoussants et les mêmes cris qui avaient été innocents, créèrent des esprits ou des mots de révolte et de dégoût. De plus le bras devint long et celui qui avait le bras long pouvait se satisfaire lui-même ; le cou se développa ainsi que l’épine dorsale qui devint très flexible, et l’ancêtre porta la gueule sur sa propre nudité. Tout cela se passait au bord des mares, des marais, des étangs et des rivières, en très nombreuse compagnie et au milieu d’un tapage et vacarme démoniaques dont les cris d’une bande de chats en rut peut donner une légère idée. C’est alors que les étoiles du matin poussaient ensemble des cris de joie et que tous les enfants de Dieu chantaient en triomphe. (Job 38-7.)
Ce sont donc les plus vives passions amoureuses qui ont délié la langue des ancêtres : ils étaient là, les yeux fixés réciproquement sur leur apparence sexuelle, et c’est dans cette vision béatifique, s’appelant et se stimulant, que leur esprit, le nôtre aujourd’hui, s’est formé ; car l’esprit est né de la chair et pour cela la chair a dû être torturée par tous les feux de l’amour le plus furieux.
On voit clairement par cette explication ce que va devenir l’analyse de la parole, car toutes les syllabes et presque tous les mots ont pris là leur naissance.

Jean-Pierre Brisset le mystère de dieu est accompli, 1890



Tomi Ungerer le Kamasutra des grenouilles