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lundi 25 janvier 2016
La langue de Voltaire
Voltaire : « nous ne pouvons penser comme l’auteur de cette Mécanique quand il dit :
« En Occident, l’idée malhonnête est attachée à l’union des sexes ; en Orient, elle est attachée à l’usage du vin ; ailleurs, elle pourrait l’être à l’usage du fer ou du feu. Chez les musulmans, à qui le vin est défendu par la loi, le mot cherab, qui signifie en général sirop, sorbet, liqueur, mais plus particulièrement le vin, et les autres mots relatifs à celui-là, sont regardés par les gens fort religieux comme des termes obscènes, ou du moins trop libres pour être dans la bouche d’une personne de bonnes mœurs. Le préjugé sur l’obscénité du discours a pris tant d’empire qu’il ne cesse pas, même dans le cas où l’action à laquelle on a attaché l’idée est honnête et légitime, permise et prescrite ; de sorte qu’il est toujours malhonnête de dire ce qu’il est très-souvent honnête de faire.
À dire vrai, la décence s’est ici contentée d’un fort petit sacrifice. Il doit toujours paraître singulier que l’obscénité soit dans les mots, et ne soit pas dans les idées, etc. »
Voltaire répond : Jamais dans aucune langue l’obscénité n’a été attachée qu’à certains plaisirs qu’on ne s’est presque jamais permis devant témoins, parce qu’on ne les goûte que par des organes qu’il faut cacher. On ne cache point sa bouche. C’est un péché chez les musulmans de jouer aux dés, de ne point coucher avec sa femme le vendredi, de boire du vin, de manger pendant le ramadan avant le coucher du soleil ; mais ce n’est point une chose obscène.
Si dans les premiers temps d’une nation simple, dure et grossière, on se sert des seuls termes qu’on connaisse pour exprimer l’acte de la génération, comme l’auteur l’a très-bien observé chez les demi-sauvages juifs, d’autres peuples emploient les mots obscènes quand ils sont devenus plus raffinés et plus polis. Osée ne se sert que du terme qui répond au fodere des Latins ; mais Auguste hasarde effrontément les mots futuere, mentula, dans son infâme épigramme contre Fulvie. Horace prodigue le futuo, le mentula, le cunnus. On inventa même les expressions honteuses de crissare, fellare, irrumare, cevere, cunnilinguis. On les trouve trop souvent dans Catulle et dans Martial. Elles représentent des turpitudes à peine connues parmi nous : aussi n’avons-nous point de termes pour les rendre.
Le mot de gabaoutar, inventé à Venise au XVI siècle, exprimait une infamie inconnue aux autres nations.
Il n’y a point de langue qui puisse traduire certaines épigrammes de Martial, si chères aux empereurs Adrien et Lucius Verus.
Voltaire article Langues du Dictionnaire philosophique 1764
Post Scriptum : l'auteur de la mécanique de la Langue est Charles de Brosses avec qui Voltaire avait une querelle financière. Il n'existe rien de plus tenace que la rancune de Voltaire.
vendredi 17 décembre 2010
Fututrice langue
Manneius, mari par sa langue, adultère par sa bouche,
Plus sale que les bouches du Summaenium,
Devant qui, le voyant nu de sa fenêtre, à Suburre,
L’obscène prostitueuse ferme son lupanar,
Et dont elle aime mieux baiser le mitant que le haut ;
Lui qui naguère allait par tous les canaux des viscères,
Et d’un ton assuré, avec certitude, disait
S’il y avait un garçon ou un e fille dans le ventre d’une mère
(réjouissez-vous, vulves, car votre pièce est jouée),
Manneius ne peut plus allonger sa fututrice langue
A force de coller ses lèvres sur une vulve tuméfiée
Et d’écouter en dedans vagir les fœtus,
Voici qu’un mal indécent pourrit sa bouche goulue,
Et qu’il ne peut plus être propre ni malpropre ».
Terrible diatribe de Martial, Poète de la décadence romaine, il a traversé les règnes de Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus, Domitien, Nerva et Trajan.
Il a lui-même commenté son oeuvre d'épigrammes
Sunt bona, sunt quadam medioeria, sunt mala piuca.
Le plus grand nombre sont mauvaises, mais il y en a d'excellentes
DE MANNEIO.
Lingua maritus, mœchus ore Manneius,
Summœnianis inquinatior buccis;
Quem quum fenestra vidit a Suburrana
Obscena nudum lena, fornicem eludit,
Mediumque mavult basiare, quam summum;
Modo qui per omnes viscerum tubos ibat,
Et voce certa, consciaque dicebat,
Puer, an puella matris esset ia ventre
(Gaudete cunni; vestra namque res acta est);
Arrigere linguam non potest futulricem.
Nam, dum tumenti mersus haeret in vulva ,
Et vagientes intus audit infantes,
Partem gulosam solvit indecens morbus:
Nec purus esse nunc potest, nec impurus.
Quem quum fenestra vidit a Suburrana
Obscena nudum lena, fornicem eludit,
Mediumque mavult basiare, quam summum;
Modo qui per omnes viscerum tubos ibat,
Et voce certa, consciaque dicebat,
Puer, an puella matris esset ia ventre
(Gaudete cunni; vestra namque res acta est);
Arrigere linguam non potest futulricem.
Nam, dum tumenti mersus haeret in vulva ,
Et vagientes intus audit infantes,
Partem gulosam solvit indecens morbus:
Nec purus esse nunc potest, nec impurus.
Édouard-Henri Avril De Figuris Veneris
Mari
par la langue, vil complaisant par la bouche, plus sale que les plus
sales coureuses de remparts, Manneius, à l'aspect de qui toute
entremetteuse de Suburra ferme la porte de son clapier, pour défendre
ses beautés nues; Manneius, dont les baisers cherchent le milieu de préférence; Manneius, qui
sondait jusqu'en leurs dernières profondeurs les entrailles d'une mère
et annonçait à coup sûr si c'était un garçon ou une fille qu'elle
portait dans son sein; Manneius, (réjouis-t'en,
nature féminine, car tu n'as plus rien à démêler avec lui) ne peut plus
faire manœuvrer sa langue usurpatrice : car, tandis qu'immobile au fond
de son canal favori, il explore les vagissemens intérieurs de l'enfant
qui se forme, une maladie honteuse a paralysé cette langue insatiable;
de telle sorte, qu'il ne lui est plus possible à présent d'être ni pur
ni impur.
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