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jeudi 28 novembre 2024

Ne te courbe que pour aimer

Cet aphorisme de René Char en titre pour cet article qui rend hommage à l'équipe de la bibliothèque municipale de Besançon qui ont découvert dans leur grenier 116 lettres écrites entre novembre 1872 et mai 1873 entre le peintre Gustave Courbet et Mathilde Carly de Svazzema.

Mais chère Putain, réfléchis donc, tu sais que je t’adore, tu sais que je fais des choses injustes pour t’être agréable ; tu sais que je donnerais je ne sais quoi en ce moment pour sucer ton con, mordre tes poils dorés, ta motte et dévorer tes grands tétons pointus, te décharger dans la bouche, t’embrasser ton ventre proéminent, te caresser les flancs amoureusement avec ma langue, l’introduire si je pouvais dans ton autre petit con entre tes belles fesses, que sais-je !!

Et en réponse

L’aveu de ton amour, de ton adoration pour moi doit à lui seul me donner le courage qu’il me faut ! Et j’aurai mon con tout prêt à recevoir les sensations qu’il te plaira lui faire éprouver. Ces grands tétons pointus n’ont pas bandé parce que j’étais malade, la fièvre me dévorait ! Je n’avais point sommeil du tout et des nuages épais obscurcissaient ma vue.

Dix ans plus tard on aura les lettres de Maupassant à Gisèle d’Estoc. Il n'y a que dans la correspondance epistolaire que se lit la vérité.


mardi 28 mai 2024

Premier baiser à Thessalonique

Quand nous passâmes à d'autres baisers pour la première fois, cela se fit tout à fait par hasard, sans préméditation, car jusqu'alors nous ne savions même pas que cela existait. Il arriva simplement qu'au milieu de nos évolutions nous nous retrouvâmes chacun la tête vers les pieds de l'autre, la bouche précisément à l'endroit voulu. Je plongeai le visage dans la toison humide, l'odeur de la sueur et du corps me frappa, me transporta, ma langue se mit inconsciemment à fouiller chaque petit recoin inconnu, embrassant, jouant, mordillant, et je sentis le paroxysme de son plaisir ; elle replia les jambes et y enferma ma tête, la serrant, la collant plus encore à elle et son ventre se durcit, un son grave sortit de sa gorge et elle fut prise de soubresauts comme un poisson hors de l'eau.

Gioconda Nikos Kokantzis

lundi 12 juillet 2021

Le baiser-qui-fait-gémir

François Nourissier le corps de Diane 1957 qui faisait preuve à ces 30 ans d'une belle immaturité sexuelle ; ce baiser-qui-fait-gémir est assez ridicule. Il a par la suite renié ces premiers romans.

Je sus enfin qe j'allais être victorieux. J'embrassais l'autre cheville ; puis la zone dure de la jambe, celle qui ne dépare jamais aucun duvet et que le soleil teinte chaque été de brun brillant ; puis les genoux - froids, osseux, ronds - puis le versant secret des cuisses, toujours chaud, toujours doux. Je ne tremblais pas de désir, mais d'une nervosité moqueuse et méchante. Quoi de plus ridicule que ces ruses d'homme, cette gymnastique, l'oreille attentive que je prêtais à l'essoufflement de l'américaine? Absurbe et vulgaire. Je n'avais aucune raison d'être là, couché, tordu sur le tapis, mon visage aux yeux fermés enfoncé dans un bruissement de chiffons raides. Le baiser-qui-fait-gémir fut compromis par les chiffons. Je m'obstinais jusqu'à ce qu'une main eût accroché mes cheveux pour écarter mon front, mes lèvres. Nous avions tous deux des respirations haletantes, profondes, et nous cherchions, dans l'ombre, à nous voir. Toutes les lumières allumées, sans doute aurions nous échangé ce même regard d'aveugles mécontents. Une espèce de chaleur me vint soudain. Je me redressai et j'enlaçais la fille. Je repris ses lèvres, heureux qu'elle devinât, sur les miennes, ce que sent l'amour pour un homme.


3 dessins de Luc Lafnet : peut-être des oeuvres de jeunesse.





dimanche 27 juin 2021

Le calamiste alizé

Jeune ami de Guglielmo  Apollinare de Kostrowitzky au collège à Monaco, Louis de Gonzague-Frick partage avec Guillaume Apollinaire une passion pour l'écriture manuscrite. Si Guillaume invente le mot caligramme (formé par la contraction de « calligraphie » et d'« idéogramme »), Louis va créer ses manuscrits : l'idéal manuscrit en 1911

Il était sur parchemin royal. Quelques élus avaient été invités à le venir admirer. De vrai l'ouvrage était splendide. Un jour l'auteur décida de le faire imprimer. 

Quand il la reçut, cette chose à l'impression lui parut d'une pauvreté inouïe, sans caractère, presque anonyme. La vision de bibliopoles malpropres appréciant au simple point de vue du numéraire le volume l'emplit de dégoût.
Tout de suite il comprit son erreur. Il donna l'ordre à l'éditeur de faire détruire tous les exemplaires et de commencer par L'Idéal Manuscrit" qui avait permis tant de laideur livresque

Le Calamiste Alizé fait l'objet d'une première édition en 1921 chez Kra sous couvert d'anonymat. La deuxième édition est gravée par Auguste Brouet.


Le texte 
est gravé à l'eau-forte comme l'indique le justificatif de tirage. Ce manuscrit, illustré de neuf dessins, a été entièrement gravé en taille douce et reproduit à 65 exemplaires, tous réservés aux amis du Calamiste.


Aujourd'hui grâce à Honesterotica on peut consulter Le Calamiste Alizé.



A genou devant ton connin
Je tire une langue lubrique
Elle connait ce beau chemin
Ouvert à mes seuls gymniques

Elle pénètre avec délice
Et frotte ton ardent bouton
J'aime habiter entre tes cuisses
Qui sont mon splendide donjon

Prolonge cette exquisité
Et jouis dans ma bouche heureuse
De boire, unique volupté
Ta décharge si savoureuse

Et ton mirely que veut-il?
Mon doigt, ma langue, ma mentule
Qu'il choisisse bien - c'est subtil
Oh! viens amour que je t'encule

mercredi 23 juin 2021

Ce que fit le roi Gonzalve

Et comme si elle eût fait le geste le plus simple du monde, elle enjamba tête bêche le visage du roi, ouvrant à la fois ses fesses velues et sa vulve rasée de frais. Puis sans attendre ce qu'elle était sûre d'obtenir, elle fit du bout de la langue diverses arabesques autour de l'organe viril.

Le roi, depuis longtemps, n'avait favorisé personne de la caresse que les jeunes filles se font entre elles et il n'y était point naturellement porté mais, se trouvant hors de sens comme il l'avait dit, il ne sut ce qu'il faisait. Il le fit pourtant. 

Cambrée en sursaut, Prima parut frémir de tout son corps. Elle qui ne murmurait pas un mot quand ses sœurs lui rendaient hommage de la sorte, elle sentit que, cette fois, il fallait parler et même exagérer ce qu'elle éprouvait, par le frémissement et par les paroles.
« Oui oh oui fit-elle d'une voix basse et chaude. Oh que j'ai envie de jouir î »

Appuyée sur ses bras raidis, elle releva la tête et ouvrit la croupe en l'arrondissant.

« Quand je n'ai pas joui et que je bande, je dis tout ce que je ne voudrais pas dire. Je t'aime je t'adore je mouille pour toi je bande jusqu'au bout de mes seins je sais que tu m'enculeras tout à l'heure et je le veux je le veux Ah si j'avais ton
doigt dans le cul en ce moment. Oui comme cela enfonce Tu me rends folle Mon ventre est plein de foutre qui descend, descend. Je t'en rendrai plus que tu ne m'en as fait boire. Je sens. Je vais. Je. Ah je décharge Tiens je jouis je me fonds Tiens ah tiens »

Histoire du roi Gonzalve et des douze princesses. Manuscrit de Pierre Louÿs.

Illustration Auguste Brouet
Bel article de honesterotica sur l'eau-forte : 

French art form. During the mid-nineteenth century, etching experienced a widespread revival among French artists. Produced by sketching on a malleable wax ground or thin varnish instead of carving into a copper plate, etching more closely resembled the practice of drawing, and was seen as directly connected to the artist’s hand. Etchers were also often more involved in the printing of their works, and could select inks, papers and processes themselves or in collaboration with a master printer. These qualities led etching to be viewed as more authentic, artistic and expressive than other printmaking processes.

lundi 21 juin 2021

La maladresse sexuelle de Dieu

Pas un psychiatre qui ne soit un érotomane notoire. 

J’en connais un qui se rebella, il y a quelques années, à l’idée de me voir ainsi accuser en bloc tout le groupe de hautes crapules et de faiseurs patentés auquel il appartient. Moi, monsieur Artaud, me dit-il, je ne suis pas un érotomane, et je vous défie bien de me montrer un seul des éléments sur lesquels vous vous basez pour porter votre accusation. Je n’ai qu’à vous montrer vous-même, docteur L., comme élément, vous en portez sur votre gueule le stigmate, bougre d’ignoble saligaud. C’est la binette de qui introduit sa proie sexuelle sous la langue et la retourne ensuite en amande, pour faire digue d’une certaine façon. Cela s’appelle faire son beurre et trier son propre persil. Si dans le coït vous n’avez pas obtenu de glousser de la glotte d’une certaine façon que vous connaissez, et de gargouiller en même temps du pharynx, de l’œsophage, de l’urètre et de l’anus, vous ne pouvez pas vous déclarer satisfait.

Antonin Artaud Introduction à Van Gogh le suicidé de la société 1947

Antonin Artaud La maladresse sexuelle de dieu 1946

Je retiens ce titre qui vient réduire le thème du sexe à une simple maladresse du créateur et non à une oeuvre délibérée.

dimanche 20 juin 2021

Les deux amis de la feuille de rose

Nouvelle entrée dans cette anthologie : Louis de Gonzague Frick (1883-1958). Ami collégien d'Apollinaire le grand monsieur de cet anthologie, qui  lui attribua le titre de « prince de la dédicace » et le « Prince de Phyllorhodomanciens ». Est-ce parce qu'ils partageaient la même passion pour la feuille de rose?

Trou du cul de la Bien-Aimée
Te donnerai-je un nom de fleur

Lorsque ta matière embaumée
Se répand dans ma bouche en coeur

C’est toi, petit, que je préfère,
Mais j’aime aussi que ton voisin
Jute, jute comme un raisin
Afin que je me désaltère.

Ce sont là mes plus chers mignons,
Je leur donne ce qu’ils demandent
Des fruits fourrés et qu’ils me rendent
Tout imprégnés d’exhalaisons,

Gloire à ces deux trous brun et blond.

Page III du manuscrit Le calamiste alizé



mardi 15 juin 2021

Le retour de la petite queue

M. Adolphe Belot est né à la Guadeloupe. Ne lui sachez aucun gré de son style chaud et coloré, de ses conceptions vigoureuses, de ses situations osées, de ses sujets, c’est le sang créole qui coule dans ses veines. Né à quelques degrés plus loin de l’Equateur, Belot eût peut-être fait de bons petits romans à l’eau de rose, mais il est né aux Tropiques, et c’est ce qui nous a valu la Femme de feu. Le Figaro 1873.

Nouvel extrait des stations de l'amour.

Dis donc, sœur, tout à l’heure, pendant que Thérèse et moi faisions soixante-neuf, il m’a semblé sentir quelque chose… qui n’était pas fait comme le nôtre… Mais j’étais si heureuse que je n’ai pas bien regardé.

— Eh bien ! examine-le maintenant…

Thérèse écarta complaisamment les jambes, et la petite curieuse se pencha sur l’objet en question, que sa partenaire exhiba de son mieux, en glissant un coussin sous ses fesses. Line écarta les grandes lèvres et mit au jour ce qui avait déjà suscité chez moi une si vive surprise. Elle prit entre ses doigts le joli clito qui se roidit aussitôt sous cet attouchement : « Que c’est drôle, fit-elle, on dirait une affaire d’homme ! »

— Vous en avez donc déjà vu, mademoiselle ?…

— Que tu es bête !… Et les statues !…

Elle le mit entre ses lèvres, voulant le sucer.

Notre insatiable amie recommençait à pousser de nouveaux soupirs, de nouvelles exclamations ; tout à coup, elle se redressa, et grimpa sur Line qui mit le fameux petit membre juste au bon endroit, en jetant ses bras autour des reins de son « homme », s’écriant : « Oui, oui, baise bien ta petite femme… fais-moi jouir… oh ! je te sens dans moi, tu me brûles… pousse… frotte… pas si fort… va… »


Autre extrait :

J’étais assise sur le lit : Berthe me renversa, et se mit à chercher sous mes jupes, pendant que j’écartais les jambes. Elle arriva juste au point sensible qu’elle fit tressaillir ; se mettant à genoux, elle enfonça sa langue dans la grotte et saisit à pleines lèvres ce clitoris que tu connais, et qui bandait sous ses caresses. Quelle adroite gougnotte !… quelle agilité, quel art dans le frétillement rapide de sa langue pointue et pénétrante !… J’avais mis mes jambes sur ses épaules, et lui serrai tellement la tête que je faillis l’étouffer. Elle se releva à demi suffoqué mais souriante, et se précipita sur ma bouche, criblant mes lèvres de baisers passionnés. Line, restée près de la porte, nous disait : « Oh ! mes chéries, j’ai joui en vous voyant. Ce n’est pas à moi, ma petite Berthe, que tu fais minette comme cela… »

Illustration T. Mertens

lundi 14 juin 2021

Petite queue

 « Non, avec ma bouche, avec ma langue, me dit-elle… laissez-moi vous faire minette… »


Et sans attendre ma réponse, elle s’installa et promena une langue chaude, ardente, sur mon pauvre clitoris qui depuis longtemps ne s’était trouvé à pareille fête, et qui ne tarda pas à cracher sa béatitude, alors qu’elle se pâmait, car pendant ce temps-là son doigt n’était pas resté inactif.

Elle remonta vers moi et me dit câlinement : « Vous aimez cela… c’est bon, n’est-ce pas ?… »

— Oh ! oui… et toi, polissonne ?… Viens, je veux te le faire aussi…

— Oh ! non, pas ça… pas vous, madame…

— Si, si, tu m’as allumée, cochonne, je te veux… Viens…

(...)

Comme je m’étais étendue près d’elle et que ma main caressait sa fourrure soyeuse et fournie, elle écarta les cuisses, en me disant : « Oui, ça… tout ça… tout est à vous… »

Mais je fis un brusque mouvement de surprise. En mettant le doigt sur le clitoris, j’avais senti non pas un simple bouton, se gonflant plus ou moins, mais un véritable appendice, petite queue charnue qui bandait, et dont je ne m’étais pas aperçue la première fois.

— Oui, me dit-elle en m’embrassant, je l’ai très développé. C’est peut-être pour cela que je vous aime si ardemment !…

— Oh ! fais voir, ma mignonne… montre…

Elle rejeta les couvertures. Je vis alors le singulier objet : un joli clitoris rose, d’un bon pouce de longueur, qui frétillait sous mes yeux étonnés.

— C’est drôle, fis-je, on dirait une petit queue de gamin… laisse moi la sucer…

Je la pris entre mes lèvres, comme si ç’avait été la tienne. Elle ne protesta pas cette fois, et se laissa faire avec complaisance ; je la mordais et la lâchais tour à tour pour donner de grands coups de langue dans la vulve. Thérèse cependant se trémoussait convulsivement et poussait de petits cris : « Oh ! quel bonheur !… quelles délices !… pas si vite… attends… encore !… ah ! je t’aime… ta langue… ta langue… je jouis… je jouis !…


Les stations de l'amour Adolphe Belot

Auteur en 1870 de Mademoiselle Giraud, ma femme paru dans le figaro : « Le feuilleton que nous publions en ce moment, Mademoiselle Giraud, ma femme, a éveillé quelques susceptibilités. 

On trouve qu’il repose sur une donnée trop délicate et qu’il est dangereux de traiter des sujets aussi scabreux dans un journal. 

M. Adolphe Belot, plutôt que de modifier son œuvre, préfère en arrêter la publication. »

L’histoire narre les malheurs du narrateur qui épouse une jeune fille qui se refuse alors à lui. Il découvre qu’elle est l’amante d’une femme mariée. 

Le roman sera un succés. Emile Zola préfacera la réédition de 1879 (sous la signature de … Thérèse Raquin !). 

Illustration : André Collot

jeudi 10 juin 2021

Tête triste

Viens ici, tête triste, lèche moi. Aussitôt je m'enfouis en elle et j'adore. En même temps mémoire de la figure sombre de l'un des rois dans l'Adoration de Poussin, air grave, tête sévère et triste, oui, comme si sur elle retentissait l'angoisse du destin de cette belle chair enfantine montrée là. L'annonce aussi du scandale inscrit dans le pur corps exposé là. Donc j'adorais et adorant, la tête triste plantée en elle par la langue et par les dents je me souvenais du chagriné visage du roi adorateur de Poussin sur quoi se reflète le destin de l'Agneau. Agnus Dei. Te semper adorabo in excelsis et profundis. Et sicut Lola vincit me adorabo carnem tuam et in profundis urinam.

(...)

Mais vous êtes le seul à les voir, ces gouffres, monsieur le sale, où nous ne voyons qu'un corps de cochonne à quoi s'agrippe un malade ! Vous n'auriez pas tort, chers censeurs, si vous viviez dans le même tableau que moi.

Passage de l'ombre Jacques Chessex


Je me sens obligé d'illustrer ce texte avec la fille au bas blanc de Gustave Courbet le tableau dans lequel je vis. Et vous dans quel tableau vivez-vous?


Pour le coté adoration cette sculpture de Fritz Klimsch




dimanche 24 janvier 2021

Occupation sans résistance

Petit extrait de La bicyclette bleue de Régine Deforges le roman populaire de 1981. Premier volume d'une Trilogie sur la France occupée et resistante et d'une saga en 10 volumes.

Le cunni c'est la caresse des retrouvailles.

Dans la bicyclette bleue : Léa et Mathias

Léa ne bougeait plus, attentive soudain à l'écho que réveillaient dans sa chair les caresses brutales de Mathias. Elle se disait qu'elle ne devait pas, que c'était Laurent qu'elle aimait, qu'elle était folle et imprudente mais toute résistance était d'avance vaincue chez elle tant son désir d'un corps contre le sien, d'un sexe dans son ventre était fort. Elle s'entendait gémir, balbutier des mots sans suite. Vite, vite... qu'il la prenne... mais qu'attendait-il? Agacée, elle arracha sa culotte et s'offrit, impudique et splendide.

– Viens.
Le garçon contemplait cette toison aux reflets fauves encadrée par des jarretelles qui tendaient des bas de fil noir, faisant ressortir la fragile blancheur de l'intérieur des cuisses. Il enfouit son visage dans l'odorante moiteur. Sous sa langue, Léa gémissait sans retenue.
Un moment ses yeux s'ouvrirent et se posèrent sur le visage du Christ effondré sous le poids de sa croix. Il lui sembla que la statue s'animait, que le fils de l'Homme lui lançait un regard complice. Elle jeta un cri et jouit sous les baisers de Mathias. Ses seins dressés lui faisaient délicieusement mal. Elle arracha la tête de son ventre, baisa goulument cette bouche qui venait de lui donner du plaisir s'enivrant de sa saveur.
– Prends-moi, fit-elle en écartant les jambes.

Elle gémit à nouveau de bonheur quand le sexe de l'homme força le sien encore gonflé de volupté.



Dans 101, avenue Henri-Martin : Léa et François

Négligeant de lui répondre, François retira la lourde robe de chambre d’un seul geste. Nu, le sexe dressé, les jambes écartées de chaque côté d’elle, il la dominait de toute sa taille. Léa ne put réprimer un frémissement voluptueux. Il ressemblait au brigand qu’elle rêvait de rencontrer au détour des allées forestières des landes lorsqu’elle était petite.
Elle porta la main au creux de ses cuisses. François tomba à genoux devant cette petite main crispée, et déplia doucement les doigts et posa ses lèvres à leur place. Sous cette langue qui la fouillait, elle se cambra pour mieux s’offrir. Le plaisir la surprit avec une violence qui la fit crier et s’agripper aux cheveux de son amant. Comme à regret, il releva le tête, contemplant ave un bonheur qui marquait son visage, le bouleversant résultat de ses caresses. Puis s’allongeant sur elle, il la pénétra doucement.

Illustration : Tomas Muller. Je ne me rappelle plus où j'ai trouvé ces dessins.

dimanche 27 décembre 2020

Tu as déjà sucé une fille ?

Did you ever eat a girl? C'est l'incipit de Night book Le livre d'une nuit de William Kotzwinkle  1974. Collection Littérature étrangère/Joëlle Losfeld, Gallimard (Joelle est la fille d'Eric Losfeld). A retrouver chez Pleasant fountains.

« Tu as déjà sucé une fille ? » demanda-t-elle à voix basse.
Ses jambes étaient joliment galbées, et elle ne portait pas de bas. Le fleuve murmurait dans la nuit, non loin d'eux. Assis près d'elle sur le sable de la rive, le garçon contemplait les lumières de la ville par delà la masse noire de l'eau mouvante.
« Non, jamais », répondit-il.
Il n'avait pas encore vingt ans. Sa voiture était garée au dessus d'eux, sur la route longeant le fleuve. Un policier curieux pourrait la repérer, se poser des questions ; s'il descendait la berge, il les découvrirait là. Lentement, la fille releva sa jupe sur ses jambes nues.
« Suce-moi », dit-elle.
Ecartant largement les jambes, elle souleva ses hanches ; la toison de son entrecuisse, sortant de l'ombre des arbres de la rive, scintilla au clair de lune.


La route du fleuve n'était pas déserte. Les dames les plus distinguées d'Athènes la suivaient, cheminant dans l'obscurité au gré de son tracé sinueux, pour se rendre au temple de Déméter. On y célébrait le mystère de la grande déesse de la fertilité, auquel ces grandes dames devaient assister et participer pour que la récolte soit fructueuse.
« Suce-moi », murmura la fille.
A la porte du temple, les belles Athéniennes furent accueillies par un jeune esclave, qui remarqua avec quel soin particulier elles étaient s'étaient apprêtées ce soir - les yeux brillants, les lèvres rouges, elles étaient vêtues de capes aux découpes plus audacieuses, plus impudiques que tout ce que l'on pouvait voir dans les rues d'Athènes pendant le jour.
Le coeur battant, il se pencha vers le mystère. Si les flics trouvent ma voiture, ils laisseront une contre-danse sous l'essuie-glace, et puis c'est tout.
« Oh, oui, chéri », soupira-t-elle lorsque le garçon, posant délicatement la chair tendre de sa bouche sur les petites lèvres, fit naître en elle un frisson d'extase qui monta vers son ventre et redescendit dans ses cuisses.

La grande prêtresse du temple de Déméter sentit le frémissement d'un plaisir subtil et doux parcourir son corps. La déesse était entrée en elle, et se trouvait à présent dans le temple.


Illustration : Carolyn Weltman Poétesse et peintre à New-York

samedi 26 décembre 2020

Implacable machine happante

Sorcier le héros du roman du même nom de Jim Harrison réve tout éveillé  de sa première fois, vingt ans plus tôt:

- Je crois que c'était mon destin de devenir artiste. Enfin ... de faire de l'art, quoi!

Elle écarta un peu plus les jambes

- Tu ne crois pas qu'on est en train de perdre du temps? observa-t-elle. Quel sont tes préférences au lit?

- Moi? Je suis partant pour tout. Il se redressa et commença a retirer sa chemise.

- Moi je suis plutôt une buccale. On donne et on reçoit. Tu vois ce que je veux dire.

- Je crois que je vois, oui.

Il se livra à des contorsions compliquées afin d'ôter ses chaussures, son pantalon et son caleçon en même temps. Dès qu'il fut à l'air libre, elle se rua en avant et s'empara de son sexe comme pour démarrer un moteur de hors-bord. Si seulement le grand Gauguin pouvait me voir. Elle fit mine de viser, puis plongea et engloutit son pénis d'un seul coup. Ah, ça changeait sérieusement des mordillades confuses reçues à l'université ! Voilà, c'est ça, New York. C'est ça, Greenwich Village. Elle l'attira sur le lit,semblable à une implacable machine happante et aspirante. Elle se plaça de manière à pouvoir passer une cuisse par dessus la tête de Johnny. Très vite, il tenta de ralentir le rythme forcené qu'elle lui imposait ; les poussées brutales du pubis sur sa bouche menaçaient de lui endommager sévèrement les lèvres.


Illustration : Frans de Geetere






samedi 19 décembre 2020

Corps à bouche

 Extraits de la nuit de la bouche d'Etienne Michelet

ventre et la chaleur de ton ventre chaud et plus bas j’embrasse plus bas encore maintenant plus bas ça bouge encore et tu bouges encore sous mes lèvres et encore plus bas tu bouges sous mes lèvres et encore ton corps plus bas humide et chaud plus bas ton corps chaud et humide plus bas tu bouges ton corps et tu trembles et ton ventre et tes seins et ton corps tremblent et tes seins chauds et humides tremblent sous mes doigts humides et tes seins chauds tes seins et ton ventre chauds tremblent encore et tu trembles et tes seins sous ma bouche humide tremblent humides sous ma bouche et tu trembles tu trembles



dans la nuit de tes lèvres d’en bas je me perds dans la nuit de tes lèvres dans le cœur de la nuit de tes lèvres et dans le cœur de la nuit de tes lèvres d’en bas et toi tu t’ouvres tu t’ouvres et tu ouvres tes lèvres tu ouvres ta nuit et tu ouvres tes jambes et tes lèvres et ta nuit et moi je me perds dans ta nuit dans la nuit de tes jambes je me perds et je tremble dans la nuit de tes lèvres et tes jambes et tes lèvres et tes jambes et toi tu t’ouvres toi tu t’ouvres et tu ouvres encore et tu ouvres la nuit et tu ouvres la nuit sans fond la nuit sans fond de tes jambes pour ma langue c’est la nuit la nuit sans fond de tes jambes pour ma


fort tes jambes plus fort sur moi plus fort encore tes jambes encore plus fort tes jambes et tes cuisses plus fort et tes cuisses et tes jambes encore plus fort et tes jambes et tes cuisses et encore tes jambes et encore tes cuisses et tes jambes et tes cuisses humides les cuisses humides de tes jambes humides serre tes cuisses humides serre tout ton corps humide sur la nuit de ma bouche serre et serre ma bouche serre toute ma bouche dans la nuit de tes cuisses tes cuisses dans ma bouche dans toute ma bouche et ta nuit et tes jambes et tes cuisses c’est la fin c’est le début c’est le début de la fin la fin du début


bouton rose le bouton qui tremble tremble rose qui tremble blanc et rose sous ma langue glissante roserose tremblante rose le bouton rose et blanc qui tremble le bouton de la fleur dans mes lèvres qui tremblent dans tes cuisses roses qui tremblent sur la fleur qui tremble qui tremble dans nos cœurs qui tremblent dans nos cœurs roses et roses et noirs c’est la fleur de la nuit la fleur rose et noire de la nuit la fleur en rose rouge rosée je bois et je bois la fleur et je bois ton ciel et ta rosée ton ciel ton ciel rosé dans ma bouche et dans tes lèvres je bois je bois ton corps je bois c’est ton corps que je bois et c’est tout


juin 2019 — 44 pages
Format : 110 x 190 mm
ISBN : 978-3-0361-0062-3
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Illustration : Roméo Zanchett

vendredi 8 mai 2020

Raconte ou comment je sentirais tes mots comme si tu me léchais.

Contes à faire rougir les petits chaperons de Jean-Pierre Enard est indispensable dans votre petite bibliothèque érotique. Dans l'extrait ci dessous la compagne du narrateur l'oblige a raconter l'histoire de Blanche neige et des sept nains.

Carole s'est soulevé. Elle a escaladé mon corps. Elle s'est allongée tête-bêche sur moi. Elle a saisi le bout enflammé de ma queue dans l'anneau de ses lèvres. Elle m'a ordonné :

- Raconte ... Pendant ce temps, je te suce lentement ... Je sentirais tes mots comme si tu me léchais.

Elle a posé son con tout contre mes lèvres. J'avais la voix étranglée. Impossible de parler.

- Raconte ou je m'en vais

J'ai retrouvé la parole, comme par enchantement. Jamais je n'avais parlé bouche à bouche comme cela. C'était comme si mes mots lui entraient dans le con. Parfois mon amie tressaillait de tout son corps. Des gouttes de liqueur me tombaient dans le gosier et me donnaient la vigueur nécessaire pour aller plus loin.



mardi 4 juin 2019

Les amies du crime

Après les premières caresses, Durand, moins gênée que lorsque Clairwil était, comme autrefois, en tiers avec nous, me déclara ses fantaisies, en me suppliant de m'y soumettre. A genoux devant moi, il fallait qu'en l'accablant d'invectives, je lui frottasse le nez tour à tour, et de mon con et de mon cul ; il fallait, en frottant le devant, que je lui piquasse sur le visage. Cela fait, je devais la couvrir de coups de pied et de coups de poing, m'emparer d'une poignée de verges, et la fustiger jusqu'au sang. Quand, à force de mauvais traitements, je l'aurais étendue par terre, il fallait que, ma tête entre ses cuisses, je la gamahuchasse un quart d'heure, en la socratisant d'une main, et lui branlant les tétons de l'autre ; ensuite, dès qu'elle serait bien en feu, je devais me laisser enculer avec son clitoris, pendant qu'elle chatouillerait le mien.
    - Je te demande pardon de tant de choses, Juliette, me dit cette libertine, après m'avoir tout expliqué ; mais si tu savais où nous entraîne la satiété !...
    - Après trente-cinq ans d'un libertinage soutenu, on ne doit jamais faire des excuses de ses goûts, répondis-je : tous sont respectables, tous sont dans la nature ; le meilleur de tous est celui qui nous flatte le mieux.






    Et me mettant à l'opération, je la satisfis si bien, qu'elle pensa mourir de plaisir. Rien n'égalait les crises voluptueuses de la Durand. De mes jours je n'avais vu de femme décharger ainsi : non seulement elle élançait son foutre comme un homme, mais elle accompagnait cette éjaculation de cris si furieux, de blasphèmes tellement énergiques, et de spasmes si violents, qu'on eût cru qu'elle tombait en épilepsie. Je fus enculée comme si j'eusse eu affaire à un homme, et j'y ressentis le même plaisir.
    - Eh bien ! me dit-elle, en se relevant, es-tu contente de moi ?
    - Oh ! foutre, m'écriai-je, tu es délicieuse, tu es un vrai modèle de lubricité ! tes passions m'embrasent : rends-moi tout ce que je t'ai fait.

    - Quoi ! tu veux être battue ?
    - Oui.
    - Souffletée, fustigée ?
    - Assurément.
    - Tu veux que je pisse sur ton visage ?
    - Sans doute, et que tu te dépêches ; car je bande et veux décharger.



    

La Durand, plus accoutumée que moi à ces services, s'y prend avec une telle agilité, elle y emploie une si grande adresse, qu'elle me fait à l'instant partir, sous les titillations voluptueuses de sa langue impudique.
    - Comme tu décharges, cher amour ! me dit-elle ; comme tu ressens énergiquement le plaisir ! Ah ! tu ne me le cèdes en rien.
    - Il faut que je te l'avoue, Durand, répondis-je, tu m'échauffes étonnamment la tête ; je suis étonnamment glorieuse d'être liée avec une femme comme toi ; maîtresses toutes deux des jours de l'univers entier, il me semble que notre réunion nous rend supérieures à la nature même. Oh ! que de crimes nous allons commettre ! que d'infamies nous allons faire !




D. -A. -F. Sade
L'Histoire de Juliette, sa soeur ou les prospérités du vice

Dessin Philippe Cavell
BD de Francis Leroi et Philppe Cavell Éditions Dominique Leroy (Vertiges Bulles) - 1979

jeudi 9 mai 2019

Au commencement et à la fin

Tant que la grenouille ne fit qu’être grenouille, son langage ne se développa pas considérablement, mais aussitôt que les sexes commencèrent à s’annoncer, des sensations étranges, impérieuses, obligèrent l’animal à crier à l’aide et au secours, car il ne pouvait se satisfaire lui-même, ni amortir les feux qui le consumaient. La raison en est que la grenouille n’a pas le bras long et tient son cou engoncé dans les épaules. Or, ce développement des sexes et le changement de la grenouille en mammifère amphibie, apte à se reproduire par l’accouplement sexuel, dura de l’âge de quarante à cent vingt ans pour chaque individu. Cet archiancêtre devait vivre en moyenne, comme la bête apocalyptique, de douze à treize siècles. Qu’on ne croie pas que cet animal manquât d’intelligence ; il était adroit, prudent et rusé, le langage très développé et au plus haut point obsédé de désirs vénériens et charnels qu’il satisfaisait par tous les moyens en son pouvoir, desquels le lèchement et le sucement réciproques des sexes était le plus innocent.
En effet, les grenouilles s’entre-aidant n’avaient pas encore la possibilité de se servir des doigts ; elles ne pouvaient employer que les lèvres, la gueule et la langue. Ces actes n’étaient pas plus blessants à la vue que ne l’est celui de la vache nettoyant son veau ou de la sainte mère allaitant son enfant ; mais, avec le temps, ils devinrent repoussants et les mêmes cris qui avaient été innocents, créèrent des esprits ou des mots de révolte et de dégoût. De plus le bras devint long et celui qui avait le bras long pouvait se satisfaire lui-même ; le cou se développa ainsi que l’épine dorsale qui devint très flexible, et l’ancêtre porta la gueule sur sa propre nudité. Tout cela se passait au bord des mares, des marais, des étangs et des rivières, en très nombreuse compagnie et au milieu d’un tapage et vacarme démoniaques dont les cris d’une bande de chats en rut peut donner une légère idée. C’est alors que les étoiles du matin poussaient ensemble des cris de joie et que tous les enfants de Dieu chantaient en triomphe. (Job 38-7.)
Ce sont donc les plus vives passions amoureuses qui ont délié la langue des ancêtres : ils étaient là, les yeux fixés réciproquement sur leur apparence sexuelle, et c’est dans cette vision béatifique, s’appelant et se stimulant, que leur esprit, le nôtre aujourd’hui, s’est formé ; car l’esprit est né de la chair et pour cela la chair a dû être torturée par tous les feux de l’amour le plus furieux.
On voit clairement par cette explication ce que va devenir l’analyse de la parole, car toutes les syllabes et presque tous les mots ont pris là leur naissance.

Jean-Pierre Brisset le mystère de dieu est accompli, 1890



Tomi Ungerer le Kamasutra des grenouilles