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samedi 24 mai 2014

Hommage dû

Je quitte un moment la poésie du baiser et de l'amour de Jean Ferrat pour revenir au gamahuchage de Verlaine.

Elle est à poil et s'accroupit sur mon visage
Pour se faire gamahucher, car je fus sage


Je suis couché tout de mon long sur son lit frais:
Il fait grand jour; c'est plus cochon, plus fait exprès
Par le prolongement dans la lumière crue
De la fête nocturne immensément crue
Pour la persévérance et la rage du cu
Et de ce soin de se faire soi-même cocu.
Elle est à poil et s'accroupit sur mon visage
Pour se faire gamahucher, car je fus sage

Hier et c'est - bonne, elle, au-delà du penser? -
Sa royale façon de me récompenser.
Je dis royale, je devrais dire divine:
Ces fesses, chair sublime, alme peau, pulpe fine,
Galbe puissamment pur, blanc, riche, aux stries d'azur,
Cette raie au parfum bandatif, rose obscur,
Lente, grasse, et le puits d'amour, que dire sur!
Régal final, dessert du con, bouffé, délire
De ma langue harpant les plis comme une lyre!
Et ces fesses encor, telle une lune en deux
Quartiers, mystérieuse et joyeuse, où je veux
Dorénavant nicher mes rêves de poète
Et mon cœur de tendeur et mes rêves d'esthète!
Et, maîtresse, ou mieux, maître en silence obéi,
Elle trône sur moi, caudataire ébloui.

Verlaine, Femme 1890
Hommage dû

Auteur de l'illustration inconnu

vendredi 7 mars 2014

Ours bien léché

Ours bien léché, gourmande et saoûle
Ma langue ici peut l’attester
Qui fit à ton clitoris boule-
de-gomme à ne plus le compter

DRUUNA 
Druuna par Serpieri
Bien léché, oui, mais âpre en diable,
Ton con joli, taquin, coquin,
Qui rit rouge sur fond de sable ;
Telles les lèvres d’Arlequin.


A madame ***

Paul Verlaine

samedi 4 janvier 2014

Cabello de ángel

On ne peut quitter Paul quand on parle de Cunnilingus. Aujourd'hui c'est le recueil Parallèlement et la partie Filles. La lecture d'Olivier Bivort (Università di Trieste), Don Pablo Maria de Herlañes ou la ferveur espagnole de Verlaine, m'a permis de comprendre le titre et l'épigraphe de la poésie à la princesse Roukhine.

À la princesse Roukhine

Le mot rouquin (et son féminin, rouquine) est tout récent à l’époque : il n’est attesté qu’en 1885 dans le sens de « personne qui a des cheveux roux ». En l’affublant d’un k et d’un h, suivis de la finale –ine, Verlaine donne un air slave à ce mot d’origine champenoise devenu argotique en français « central ».
La princesse Roukhine n'est pas une princesse russe mais une prostituée. Nous avons déjà vu l'obsession de Verlaine pour les roux.


« Capellos de Angelos. »

L’épigraphe de « À la princesse Roukhine » est « “Capellos de Angelos” (Friandise espagnole.) ». Or le nom de cette préparation (filaments de couleur jaune-orange préparés avec du potiron, de l’eau et du sucre) est, en castillan, cabello de ángel. Ces deux « barbarismes » résultent en fait d’un télescopage entre deux langues : l’italien (capello et angelo) et l’espagnol (la préposition de et le pluriel en s). Il n’y a, à mon sens, ni confusion entre les b et les p, ni méprise sur l’origine de ce mets, mais, pour rester dans la terminologie culinaire, « salade bi-péninsulaire » comme Verlaine lui-même qualifie ce type de rencontre entre l’italien et l’espagnol dans une de ses lettres. L’épigraphe polyglotte du poème (paru en préoriginale dans La Vogue du 23 août 1886) continue un jeu de langue et une antiphrase inaugurés dans le titre.
Les cabello[s] de ángel, « fête pour la bouche », se réfèrent à une autre toison, « comme une flamboyante enceinte / Aux entours de la porte sainte »… Ainsi le russe, l’italien et l’espagnol sont-ils mêlés en une sorte d’exotisme linguistique attenant, encore une fois, à l’érotisme.

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C'est une laide de Boucher
Sans poudre dans sa chevelure
Follement blonde et d'une allure
Vénuste à tous nous débaucher.

Mais je la crois mienne entre tous,
Cette crinière tant baisée,
Cette cascatelle embrasée
Qui m'allume par tous les bouts.

Elle est à moi bien plus encor
Comme une flamboyante enceinte
Aux entours de la porte sainte,
L'alme, la dive toison d'or !

Et qui pourrait dire ce corps
Sinon moi, son chantre et son prêtre,
Et son esclave humble et son maître
Qui s'en damnerait sans remords,

Son cher corps rare, harmonieux,
Suave, blanc comme une rose
Blanche, blanc de lait pur, et rose
Comme un lys sous de pourpres cieux ?

Cuisses belles, seins redressants,
Le dos, les reins, le ventre, fête
Pour les yeux et les mains en quête
Et pour la bouche et tous les sens ?

Mignonne, allons voir si ton lit
A toujours sous le rideau rouge
L'oreiller sorcier qui tant bouge
Et les draps fous. Ô vers ton lit !


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D'autres vers de Filles dans Parallèlement

Séguidille

Ah, ton corps ; qu’il repose
Sur mon âme morose
Et l’étouffe s’il peut,
Si ton caprice veut,
Encore, encore, encore !
Splendides, glorieuses,
Bellement furieuses
Dans leurs jeunes ébats,
Fous mon orgueil en bas
Sous tes fesses joyeuses !

dubigeon

Casta Piana
Ne fronce plus ces sourcils-ci,
Casta, ni cette bouche-ci,
Laisse-moi puiser tous tes baumes,
Piana, sucrés, salés, poivrés,
Et laisse-moi boire, poivrés,
Salés, sucrés, tes sacrés baumes.

Auburn
Sûre de baisers savoureux
Dans le coin des yeux, dans le creux
Des bras et sur le bout des mammes,
Sûre de l’agenouillement
Vers ce buisson ardent des femmes
Follement, fanatiquement !

Illustration Loïc Dubigeon

mercredi 15 août 2012

La guerre des blasons

Albert Mérat est un poète connu aujourd'hui pour une parodie de son oeuvre l'idole écrite en 1869. Il était même vexé "que Verlaine et Rimbaud l’aient ridiculisé dès le début du cahier Zudique en parodiant son recueil de sonnets, L’Idole, par leur Sonnet du Trou du Cul. Il s’était à tel point fâché qu’il avait refusé de figurer auprès de ces deux poètes-voyous dans le tableau de Fantin-Latour, le Coin de table" Rimbaud Zutique. 

Le sonnet du trou du cul est créé par les deux plus fameux iconoclates en pleine fièvre suivant la commune de Paris. Ecrite en octobre 1871 ou en 1872 le sonnet fait parti de l'album Zutique.

C'est l'olive pâmée, et la flûte caline ;
C'est le tube où descend la céleste praline

Ces vers de Rimbaud (les quatrains sont de Verlaines et les tercets de Rimbaud) illustre sa vision révolutionnaire de l'obscénité et de la pornographie. La poésie de Mérat révèle l'auto-censure de cette fin de siècle bourgeoise qu'il faut combattre. Pour Rimbaud la poésie doit être subversive.

Le dernier sonnet de l'idole a-t-il était censuré par l'éditeur et le sonnet du cul a-t-il était remplacé par un avant et un dernier sonnet ou bien l'auteur a-t-il voulu rester dans un érotisme du non dit, laissant sa lectrice imaginer le reste.

Cette guerre des blasons n'est pas nouvelle. En 1530 à la suite des premiers Blason anatomique du corp féminin de Marot dont le blason du beau tétin, la guerre fit rage avec ceux qui firent des blasons de l'intimité féminine. Dont Eustorg de Beaulieu a qui on attribua le blason Le cul.

Revenons à l'idole de Mérat et son érotisme doux, à ces baisers sur tout le corps d'une femme excepté le cul et le sexe. S'il n'a pû faire son sonnet sur le cul féminin (si ce n'est l'avant dernier), chaque poème claque comme un hommage au mont de Vénus.

LE SONNET DE LA BOUCHE
Ô lèvres, fleurs de sang qu’épanouit le rire,
Frais calice du souffle et rose du baiser,
Où, malgré moi, revient mon rêve se poser,
Si douces que les mots ne peuvent pas le dire,

Lèvres, coupes d’amour après qui l’on aspire,
Désireux de l’ivresse et craignant d’y puiser ;
Le buveur délicat a peur de vous briser,
Et lentement avec extase vous attire.

Je veux tarir ma soif à vos calices clairs ;
À votre humide bord irradié d’éclairs
Je boirai comme on boit à l’eau d’une fontaine.

Versez-moi la caresse, irritante douceur,
Ô lèvres ! souvenir, espérance lointaine,
Dont je veux mordre encor la fragile épaisseur !


LE SONNET DE L’OREILLE
C’est la volute et c’est la conque ; c’est la chair
Devenue arabesque avec son ourlet clair
Où préside une loi d’harmonie ancienne ;


LE SONNET DU VENTRE
Au milieu, sur le fond de blancheur précieuse,
Le nombril, conque rose et corolle aux plis clairs,
Entr’ouvre son regard de fleur silencieuse.


LE SONNET DE LA JAMBE
Comme pâlit la joue au baiser de l’amant,
Une invisible lèvre a touché la peau rose

(...)
Voici qu’un peu plus haut le divin gonflement
De la chair semble un marbre où la sève est enclose.


LE SONNET DU PIED
Peureux, lorsque ma lèvre amoureuse vous touche,
Je crois sentir trembler, au souffle de ma bouche,
Des oiseaux retenus captifs loin de l’azur.


LE SONNET DE LA NUQUE
Et ma bouche osera baiser l’éclat vermeil
Des minces cheveux fous brodés par le soleil,
Dont la confusion étincelante brille.


LE SONNET DES ÉPAULES
Une ombre d’or que font des duvets et des mousses
À l’aisselle en finit l’épanouissement ;

lundi 13 décembre 2010

Love on the beat

De love on the beat (1984) on retient souvent la musique : C'est le même refrain et le même couplet pendant huit minutes, rendez-vous compte! Pas au niveau des paroles, mais musicalement. De plus, la perversité des paroles et les cris de Bambou n'arrangent rien à la chose.
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Pour ceux qui sont allergiques à la musique et ses beats, goutez ces vers verlainiens
D'abord je veux avec ma langue
natale deviner tes pensées
mais toi déjà déjà tu tangues
au flux et reflux des marées

je pense à toi en tant que cible
ma belle enfant écartelée
là j'ai touché le point sensible
attends je vais m'y attarder
Il est temps de passer aux choses
sérieuses ma poupée jolie
tu as envie d'une overdose
de baise voilà je m'introduis

j'aime assez tes miaous miaous
griffes dehors moi dents dedans
ta nuque voir de ton joli cou
comme un rubis perler le sang

plus tu cris plus profond j'irai
dans tes sables émouvants
ou m'enlisant je te dirai
les mots les plus abominables

brûlant sont tous tes orifices
des trois que les dieux t'ont données
je décide dans le moins lisse
d'achever de m'abandonner

une décharge de six mille volts
vient de gicler de mon pylône
et nos reins alors se révoltent
d'un coup d'épilepsie synchrone

lundi 6 décembre 2010

Pensionnaires

L'une avait quinze ans, l'autre en avait seize ;
Toutes deux dormaient dans la même chambre.
C'était par un soir très lourd de septembre
Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise.

Chacune a quitté, pour se mettre à l'aise,
La fine chemise au frais parfum d'ambre.
La plus jeune étend les bras, et se cambre,
Et sa soeur, les mains sur ses seins, la baise,

Puis tombe à genoux, puis devient farouche
Et tumultueuse et folle, et sa bouche
Plonge sous l'or blond, dans les ombres grises ;

Et l'enfant, pendant ce temps-là, recense
Sur ses doigts mignons des valses promises,
Et, rose, sourit avec innocence.

Pensionnaires de Paul Verlaine

Ces pensionnaires pour les passionselles, et leurs cunnilingus lesbiens.Il est agréable que le pluriel annule le genre.

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mercredi 12 mai 2010

Ouverture

Je veux m'abstraire vers vos cuisses et vos fesses, 
Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies, 
Beautés mûres ou non, flovices ou professes, 
O ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raíes!


Vos pieds sont merveilleux, qui ne vont qu'à l'amant, 
Ne reviennent qu'avec l'amant, n'ont de répit 
Qu'au lit pendant l'amour, puis flattent gentiment 
Ceux de l'amant qui, las et soufflant, se tapit.

 Pressés, fleurés, baisés, Iéchés depuis les plantes
Jusqu'aux orteils sucés les uns après les autres, 
Jusqu'aux chevilles, jusqu'aux lacs des veines lentes, 
Pieds plus beaux que des pieds de héros et d'apôtres!

J'aime fort votre bonche et ses jeux gracieux, 
Ceux de la langue et des lèvres et ceux des dents 
Mordillant notre langue et parfois même rnieux, 
Truc presque aussi gentil que de mettre dedans;

Et vos seins, double mont d'orgueil et de luxure 
Entre quels mon orgueil viril parfois se guinde 
Pour s'y gonfler à l'aise et s'y frotter la hure : 
Tel un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.

Vos bras, j'adore aussi vos bras si beaux, si blancs, 
Tendres et durs, dodus, nerveux quand faut, et beaux
Et blancs comme vos culs et presque aussi troublants, 
Chauds dans l'amour, après frais coinme des tombeaux.

Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe! 
La caresse et la paresse les ont bénies, 
Rameneuses du gland transi qui se dérobe, 
Branleuses aux sollicitudes infinies!

Mais quoi? Tout ce n'est rien, Putains, aux prix de vos 
CuIs et cons dont la vue et le gôut et l'odeur 
Et le toucher font des élus de vos dévots, 
Tabernacles et Saints des Saints de l'impudeur.

C'est pourquoi, mes soeurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je veux m'abstraire tout, seules compagnes vraies, 
Beautés mûres ou non, novices ou professes, 
Et ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies.

Verlaine
Ouverture

Pour illustrer ce propos je vous convie à visiter la série The visible vagina

Et parce que la planète est cunnilingus, je vous propose les deux dernières strophes en italien

Ma tutto questo è niente, Puttane, al confronto dei vostri
culi e delle fiche la cui vista e il gusto e l'odore
e il tatto fanno dei vostri devoti degli eletti,
tabernacoli e Santi dell'impudicizia.

Perciò, sorelle, tra le vostre cosce e tra le vostre natiche
voglio perdermi tutto, sole compagne vere,
bellezze mature o no, novizie o professe,
e nelle vostre fessure, nelle vostre pieghe, vivere!

jeudi 31 décembre 2009

A l'année prochaine

Un peu pressé d'aller à la fête un petit coup de Régals de Paul Verlaine, une photo déjà publiée mais je vous aime amis lecteurs, amies lectrices et je vous lèche goulument.

Croise tes cuisses sur ma tête
De façon à ce que ma langue,
Taisant toute sotte harangue,
Ne puisse plus que faire fête
À ton con ainsi qu'à ton cul
Dont je suis là-jamais vaincu

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mercredi 20 mai 2009

Verlaine le gamahucheur

Tendre, la jeune femme rousse,
Que tant d'innocence émoustille,
Dit à la blonde jeune fille
Ces mots, tout bas, d'une voix douce :

Sève qui monte et fleur qui pousse,
Ton enfance est une charmille,
Laisse errer mes doigts dans la mousse,
Où le bouton de rose brille,

Laisse-moi, parmi l'herbe claire,
Boire les gouttes de rosée
Dont la fleur tendre est arrosée,


Afin que le plaisir, ma chère,
Illumine ton front candide
Comme l'aube l'azur timide.


Paul Verlaine, Printemps

Paul n'est pas toujours aussi "poli" et quand il parle de gamahucher cela peut devenir Un peu de merde et de fromage. Mais dans ce cas il ne parle pas de sexe féminin. Extrait :

 Un peu de merde et de fromage
Ne sont pas pour effaroucher
Mon nez, ma bouche et mon courage
Dans l’amour de gamahucher.

L’odeur m’est assez gaie en somme,
Du trou du cul de mes amants,
Aigre et fraîche comme la pomme
Dans la moiteur de saints ferments.

Et ma langue que rien ne dompte,
Par la douceur des longs poils roux
Raide et folle de bonne honte
Assouvit là ses plus forts goûts,

Dans les 2 cas, c'est une rousse et un roux qui sont l'objet de son inspiration.

mardi 19 mai 2009

Régals

Croise tes cuisses sur ma tête
De façon à ce que ma langue,
Taisant toute sotte harangue,
Ne puisse plus que faire fête
À ton con ainsi qu'à ton cul
Dont je suis là-jamais vaincu
Comme de tout ton corps, du reste,
Et de ton âme mal céleste
Et de ton esprit carnassier
Qui dévore en moi l'idéal
Et m'a fait le plus putassier
Du plus pur, du plus lilial
Que j'étais avant ta rencontre
Depuis des ans et puis des ans.
Là, dispose-toi bien et montre
Par quelques gestes complaisants
Qu'au fond t'aimes ton vieux bonhomme
Ou du moins le souffre faisant
Minette (avec boule de gomme)
Et feuille de rose, tout comme
Un plus jeune mieux séduisant
Sans doute mais moins bath en somme
Quant à la science et au faire.
O ton con! qu'il sent bon! J'y fouille
Tant de la gueule que du blaire
Et j'y fais le diable et j'y flaire
Et j'y farfouille et j'y bafouille
Et j'y renifle et oh! j'y bave
Dans ton con à l'odeur cochonne
Que surplombe une motte flave
Et qu 'un duvet roux environne
Qui mène au trou miraculeux
Où je farfouille, où je bafouille
Où je renifle et où je bave
Avec le soin méticuleux
Et l'âpre ferveur d'un esclave
Affranchi de tout préjugé.
La raie adorable que j'ai
Léchée amoroso depuis
Les reins en passant par le puits
Où je m'attarde en un long stage
Pour les dévotions d'usage
Me conduit tout droit à la fente
Triomphante de mon infante.
Là, je dis un salamalec
Absolument ésotérique
Au clitoris rien moins que sec,
Si bien que ma tête d'en bas
Qu'exaspèrent tous ces ébats
S'épanche en blanche rhétorique,
Mais s'apaise dès ces prémisses.
Et je m'endors entre tes cuisses
Qu'à travers tout cet émoi tendre
La fatigue t'a fait détendre.
Paul Verlaine - Femmes (1890)

Bibliothèque libertaire

lundi 24 novembre 2008

L'odeur du con

Mon amour italienne se demande si l'odeur est un frein dans la pratique du cunnilingus. Le sexe est une possession qui nous fait oublier tous nos tabous. Et l'on peut appliquer les vers de verlaine à toutes les situations.
Un peu de merde et de fromage
Ne sont pas pour effaroucher
Mon nez, ma bouche et mon courage
Dans l’amour de gamahucher.

L’odeur m’est assez gaie en somme,
Du trou du cul de mes amants,
Aigre et fraîche comme la pomme
Dans la moiteur de sains ferments.




Et ma langue que rien ne dompte,
Par la douceur des longs poils roux
Raide et folle de bonne honte
Assouvit là ses plus forts goûts,

Puis pourléchant le périnée
Et les couilles d’un mode lent,
Au long du chibre contournée
S’arrête à la base du gland.

Elle y puise ‚prement en quête
Du nanan qu’elle mourrait pour,
Sive, la créme de quéquette
Caillée aux éclisses d’amour

Ensuite, aprés la politesse
Traditionnelle au méat
Rentre dans la bouche oï s’empresse
De la suivre le vit béat,

Débordant de foutre qu’avale
Ce moi confit en onction
Parmi l’extase sans rivale
De cette bénédiction !

Paul Verlaine Hombres
*
Illustration : Michael Ayrton