Affichage des articles dont le libellé est Louise Labé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Louise Labé. Afficher tous les articles

dimanche 9 avril 2017

Donne m'en un de tes plus savoureus


Baise m'encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m'en un de tes plus savoureux,
Donne m'en un de tes plus amoureux :
Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.



 
Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie.




Sonnet XVIII Louise Labé
Illustration Jean Berque selon librairie curiosa

 
 
 Nataly dawn
Baise m'encore
Her Earlier Stuff 2009

jeudi 6 avril 2017

ODF Jouissons par les deux bouts

Elle avait dû pratiquer la posture, car elle saisit l’affaire à merveille. Dès qu’elle me vit étendu sur le tapis, elle sauta à califourchon sur ma figure, me descendant son chat sur les lèvres, se détachant comme pour me narguer, se reposant brusquement, et remontant sa croupe qu’elle dandina un moment au-dessus de mes yeux, pour m’exciter par ce balancement lubrique.



Enfin elle s’allongea sur mon corps, installant son joli con vermeil sur mes lèvres en deux coups de son croupion satiné, et prenant le sire bandé dans sa bouche, elle fit courir ses lèvres de velours sur la colonne dans une promenade voluptueuse, qu’elle menait lentement, tandis que je plongeais ma langue dans la chaude cavité satinée, allant chercher la volupté jusqu’aux lambris de la voûte.


Je lâchai les bords à mon tour, pour plonger mon œil ravi dans cette chair ouverte, embaumant le foin coupé, exhibant le coquet petit bouton, qui frétillait, luisant sur le bord, et aussi pour voir ces ravissantes fesses qui se dandinaient au-dessus de mon nez, et que je mordis en me soulevant sur les coudes, avant de reprendre ma voluptueuse besogne.



Elle fut vite terminée aux deux bouts, et je léchais la douce rosée que distillait la fontaine d’amour sous ma langue, tandis qu’elle aspirait mon foutre suavamment pompé.

Texte Odor di femina d'E.D.
Illustration Pierre Jousson, Erotiques la balance 1967
37 planches photographiques sur fond noir, 6 planches de vers libres de Louise Labé et de Pierre de Ronsard.
Sa signature n'apparait pas mais on retrouve les obscurités indécises et les fonds noirs qui font sa réputation. 

L'album Érotiques a été réédité en France en 1968 par Régine Deforges (Paris, L'Or du Temps) et a été aussitôt interdit.

jeudi 13 mars 2014

Renaissance de lèvres féminines

Louise Labé est née au siècle de François 1er son nom sonne comme "Labia", les lèvres, elle fait partie de l'école lyonnaise comme une autre poétesse Pernette du Guillet au cruel destin mais elle me semble plus coquine.

Ainsi le sonnet 6

Deux ou trois fois bienheureux le retour
de ce clair astre, et plus heureux encore
ce que son oeil honore de son regard
Qu'elle recevrait un bon jour,

qu'elle pourrait se vanter de cette action,
celle qui baiserait le plus beau don de Flore,
le plus odorant de ceux que vit l'Aurore
et demeurerait sur ses lèvres !

C'est moi seule à qui ce bien est dû,
pour tant de pleurs et tant de temps perdus ;
mais, si je le vois, je lui ferai une telle fête,

j'emploierai tellement le pouvoir de mes yeux,
pour gagner sa confiance,
que je ferai en peu de temps une grande conquête.




Deus ou trois fois bienheureus le retour
De ce cler Astre, et plus heureus encore
Ce que son oeil de regarder honore.
Que celle là recevroit un bon jour,

Qu'elle pourroit se vanter d'un bon tour
Qui baiseroit le plus beau don de Flore,
Le mieus sentant que jamais vid Aurore,
Et y feroit sur ses levres sejour :

C'est moy seule qui ce bien est du,
Pour tant de pleurs et tant de tems perdu :
Mais le voyant, tant lui feray de feste,

Tant emploiray de mes yeus le pouvoir,
Pour dessus lui plus de credit avoir,
Qu'en peu de tems feray grande conqueste.


Louise Labé voulait que les femmes quittent la quenouille pour la plume, en 2014, on est encore au siècle de François.

Illustration Mihály Zichy