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lundi 1 janvier 2018

Le baiser du laurier

Pour bien commencer l'année 2018 un baiser de fleur par Théophile Gautier.


Dans le Generalife il est un laurier-rose,
Gai comme la victoire, heureux comme l’amour.
Un jet d’eau, son voisin, l’enrichit et l’arrose ;
Une perle reluit dans chaque fleur éclose,
Et le frais émail vert se rit des feux du jour.


Il rougit dans l’azur comme une jeune fille ;
Ses fleurs, qui semblent vivre, ont des teintes de chair.
On dirait, à le voir sous l’onde qui scintille,
Une odalisque nue attendant qu’on l’habille,
Cheveux en pleurs, au bord du bassin au flot clair.


Ce laurier, je l’aimais d’une amour sans pareille ;
Chaque soir, près de lui j’allais me reposer ;
À l’une de ses fleurs, bouche humide et vermeille,
Je suspendais ma lèvre, et parfois, ô merveille !
J’ai cru sentir la fleur me rendre mon baiser… 

Généralife, 1843.

Illustration attribué à Eduard Tomek mais la signature ne correspond pas

vendredi 23 juin 2017

Cunni romantique

Certains dessinateurs ont une œuvre posthume mais pas d'histoire. Ce n'est pas le cas des frères Devéria, qui furent les animateurs du mouvement romantique. Bien sur ils sont moins célèbres que Hugo, Berlioz, Liszt et tous les autres. A vrai dire, ils ne sont plus célèbres du tout. Sur internet vous trouverez trace d'Eugène le cadet, Achille l'ainé peut être aussi les fils Théodule et Gabriel.

Comme d'habitude on parle moins des femmes : la soeur Laure dont la mort en 1838 peut avoir entrainé le déclin prématuré de la gloire des frères Devéria.  A moins que ce soit le plaisir de leurs enfants et la beauté de leurs femmes qui leur donna moins d'ambition.

Céleste Devéria la femme d'Achille, née Céleste La Motte dont le père Charles est le maître lithographe imprimeur des œuvres d'Achille. Elle deviendra également maître lithographe et prendra la succession de son père. La famille Devéria et La motte a sinon inventé, fait de Paris le centre de la lithographie en couleur.

Est-il possible qu'elle est participé à l'oeuvre érotique de son époux que nous avons déjà publié notamment pour les illustrations du Gamiani de Musset.










Je découvre l'existence de l'article la face obscène du romantisme de Judith Lyon-Caen et Alain Vaillant que je n'ai pas consulté.

Ainsi que la lettre d'Eugène à Gautier dans les études d'Olivia Voisin : la cause du naufrage de mes qualités de peintre c'est le libertinage. Le péché a tué le talent écrit-il dans son journal.

vendredi 8 novembre 2013

Détente

Tu es stoïque au bout du lit sur lequel je suis allongé nue. Mon corps est intensément détendu, mes yeux se ferment. Je tressaille en ressentant la langue rapeuse sur la plante de mes pieds.
Ta douceur remonte le long de ma jambe. Mes seins se gonflent et mes cuisses s'ouvrent dans une expiration profonde provoquant un relâchement physique total.
Je tressaille à nouveau lorsque ta langue rentre en contact de mon sexe. Je te repousse doucement. Je ne t'en veux pas, tu as déclenché mon désir. J'ouvre d'un doigt mes lèvres, derrière, la source est déjà profondément humide. Il ne me faut que quelques caresses pour jouir.

Tu viens vers mon visage, je te colle contre moi et tu ronronnes.

maupin-gauthier

Illustration Achille Devéria

Pour Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier

ll n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature

lundi 14 octobre 2013

Un baiser de lait tiède

Le roman de Violette n'est-il pas l'un des plus pur livre érotique jamais écrit ? Violette, jeune lingère ingénue de 15 ans, pour échapper aux avances d’un patron, se réfugie un soir chez son voisin, Christian. Elle va alors découvrir les joies de l'amour.
 

Attribué à Alexandre Dumas père, fils, à Théophile Gautier ou encore à Guy de Maupassant (qui l’a dénié), il est aujourd’hui admis  que l’auteur en fut une femme, Mme Mauriac de Boissiron connue sous son titre de Comtesse de Mannoury d'Ectot. Mais là encore, nous ne sommes guère plus avancés puis qu’il s’agit sans doute d’un pseudonyme !

Dans cet extrait, Christian propose à Violette un remède pour adoucir ses petites douleurs intimes :

– Eh bien, je vais achever de te guérir. Elle vit que je prenais le pot au lait et que je le portais à ma bouche.
– Mon Dieu, que fais-tu donc ? »
Je lui fis signe de ne pas s’inquiéter, mais en même temps de regarder dans la glace.
Pendant ce temps, le lait avait tiédi dans ma bouche, j’approchai mes lèvres contre la petite cloison brisée et je poussai dans un baiser un jet de lait à plusieurs reprises à travers des corolles de ce nymphéa qu’on appelle le vagin.
Au premier jet, elle poussa un petit cri.
« Ah ! dit-elle, que fais-tu donc ? Ah ! comme c’est bon, comme c’est tiède, on dirait que cela pénètre jusqu’au cœur. Tu ne m’avais pas encore fait cela. Tu m’apprendras ainsi une foule d’excellentes choses, n’est-ce pas ? »
Je changeai d’exercice ; j’avais la bouche vide.
« Ah ! cela, dit-elle, c’est autre chose, tu me l’as déjà fait, je le reconnais. Ah ! comme c’est bien meilleur encore que l’autre jour. Oh ! ta langue, où la mets-tu donc pour me faire une pareille jouissance ? Mon Dieu !… mon Dieu !… Voilà encore que je vais mourir… Mais non, je ne veux pas me laisser aller, je lutterai… je… je… ah !… j’ai perdu… Cher bien-aimé, mes yeux se ferment, je ne vois plus rien… mon âme s’en va… je me meurs !… »

 Pour illustrer ces billets consacrés au Roman de Violette, je vous propose ces 69 féminins


HellmuthStockmann-lesbischefreudenHellmuth Stockmann

mercredi 31 juillet 2013

Ces plis roses sont les lèvres

Une jeune fille que j'aimais ne portait jamais de robe. Un jour je lui en offris une que je lui demandais d'enfiler et la trouvant magnifique je l'enlevais immédiatement pour la couvrir de baisers. Je lui dédis aujourd'hui ce poème de Théophile Gautier qui finissent par ces vers.

Et ces plis roses sont les lèvres
De mes désirs inapaisés,
Mettant au corps dont tu les sèvres
Une tunique de baisers.

L'aquarelliste Georg Emanuel Opiz (ou Opitz,  Prague 1775- Leipzig 1841) séjourne à paris en 1813 et 1814 années de chute de l'empire et de son empereur gamahucheur.

dimanche 21 juillet 2013

Musée secret

Des déesses et des mortelles
Quand ils font voir les charmes nus
Les sculpteurs grecs plument les ailes
De la colombe de Vénus.


Sous leur ciseau s’envole et tombe
Le doux manteau qui la revêt
Et sur son nid froid la colombe
Tremble sans plume et sans duvet.


Ô grands païens, je vous pardonne !
Les Grecs enlevant au contour
Le fin coton que Dieu lui donne
Otaient son mystère à l’amour ;


Mais nos peintres tondant leurs toiles
Comme des marbres de Paros,
Fauchent sur les beaux corps sans voiles
Le gazon où s’assied Éros.


Pourtant jamais beauté chrétienne
N’a fait à son trésor caché
Une visite athénienne
La lampe en main, comme Psyché.


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Au soleil tirant sans vergogne
Le drap de la blonde qui dort,
Comme Philippe de Bourgogne
Vous trouveriez la toison d’or,


Et la brune est toujours certaine
D’amener autour de son doigt
Pour le diable de La Fontaine
Le cheveu que rien ne rend droit.


Aussi j’aime tes courtisanes
Et tes nymphes, ô Titien,
Roi des tons chauds et diaphanes,
Soleil du ciel Vénitien.


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Sous une courtine pourprée
Elles étalent bravement,
Dans sa pâleur mate et dorée
Un corps superbe où rien ne ment.


Une touffe d’ombre soyeuse
Veloute, sur leur flanc poli
Cette envergure harmonieuse
Que trace l’aine avec son pli.


Et l’on voit sous leurs doigts d’ivoire
Naïf détail que nous aimons
Germer la mousse blonde ou noire
Dont Cypris tapisse ses monts.


À Naples, ouvrant des cuisses rondes
Sur un autel d’or Danaé
Laisse du ciel en larmes blondes
Pleuvoir Jupiter monnoyé.


Et la tribune de Florence
Au cant choqué montre Vénus
Baignant avec indifférence
Dans son manchon ses doigts menus,


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Maître, ma gondole à Venise
Berçait un corps digne de toi
Avec un flanc superbe où frise
De quoi faire un ordre de roi.


Pour rendre sa beauté complète
Laisse moi faire, ô grand vieillard,
Changeant mon luth pour ta palette,
Une transposition d’art.


Oh ! comme dans la rouge alcôve
Sur la blancheur de ce beau corps
J’aime à voir cette tache fauve
Prendre le ton bruni des ors


Et rappeler ainsi posée
L’Amour sur sa mère endormi
Ombrant de sa tête frisée
Le beau sein qu’il cache à demi


Dans une soie ondée et rousse
Le fruit d’amour y rit aux yeux
Comme une pêche sous la mousse
D’un paradis mystérieux.


Pommes authentiques d’Hespéride,
Or crespelé, riche toison,
Qu’aurait voulu cueillir Alcide
Et qui ferait voguer Jason !


Sur ta laine annelée et fine
Que l’art toujours voulut raser
Ô douce barbe féminine
Reçois mon vers comme un baiser


Car il faut des oublis antiques
Et des pudeurs d’un temps châtré
Venger dans des strophes plastiques
Grande Vénus, ton mont sacré !


Théophile Gautier

J'ai découvert ce poème chez Callipyge publié en 1864 dans le Parnasse Satyrique (nous y faisons souvent référence) il fut écrit en 1850 et ne fut pas intégré au recueil d'Emaux et Camées par crainte de la censure. 1850 c'est l'année du voyage à Venise avec Marie Mattéi.

Nous aimons ce texte pour sa défense du poil publien, du duvet de Vénus et pour cet amour de la Vénus d'Urbino de Titien.
Muse et secret, musc et sucrée, Musée secret car le tableau n'était pas destiné au grand public mais à l'exposition en chambre, musée secret comme le sexe féminin.

mercredi 8 juillet 2009

Baiser la baigneuse

Qu'elle soit au bord de mer ou de rivière, la baigneuse mérite son baiser. A la rivière nous étions à l'Esterel.

Théophile Gautier 

A Bouguereau

Dans un bosquet plein de mystère
La Baigneuse de Bouguereau,
Posant comme pour un clystère,
Montre son c.. au bord de l’eau.

L’attitude n'est pas vulgaire ;
Elle développe un contour
Commode pour l’apothicaire
Et plus commode pour l’Amour !

J'ai découvert cette poésie grâce à André et à Valmont qui a déposé un beau Poème de Jean Richepin pour Armandie

Les reproductions ci dessous des baigneuses de Bouguereau sont chez @rtmateur.

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