jeudi 10 juin 2021

Tête triste

Viens ici, tête triste, lèche moi. Aussitôt je m'enfouis en elle et j'adore. En même temps mémoire de la figure sombre de l'un des rois dans l'Adoration de Poussin, air grave, tête sévère et triste, oui, comme si sur elle retentissait l'angoisse du destin de cette belle chair enfantine montrée là. L'annonce aussi du scandale inscrit dans le pur corps exposé là. Donc j'adorais et adorant, la tête triste plantée en elle par la langue et par les dents je me souvenais du chagriné visage du roi adorateur de Poussin sur quoi se reflète le destin de l'Agneau. Agnus Dei. Te semper adorabo in excelsis et profundis. Et sicut Lola vincit me adorabo carnem tuam et in profundis urinam.

(...)

Mais vous êtes le seul à les voir, ces gouffres, monsieur le sale, où nous ne voyons qu'un corps de cochonne à quoi s'agrippe un malade ! Vous n'auriez pas tort, chers censeurs, si vous viviez dans le même tableau que moi.

Passage de l'ombre Jacques Chessex


Je me sens obligé d'illustrer ce texte avec la fille au bas blanc de Gustave Courbet le tableau dans lequel je vis. Et vous dans quel tableau vivez-vous?


Pour le coté adoration cette sculpture de Fritz Klimsch




lundi 7 juin 2021

Double perversion concomitante

Selon une hypothèse de Leroi-Gourhan, c’est lorsqu’il aurait pu libérer ses membres antérieurs de la marche, et, partant, sa bouche de la prédation, que l’homme aurait pu parler. J’ajoute : et embrasser. Car l’appareil phonatoire est aussi l’appareil osculaire. Passant à la station debout, l’homme s’est trouvé libre d’inventer le langage et l’amour : c’est peut-être la naissance anthropologique d’une double perversion concomitante : la parole et le baiser. A ce compte-là, plus les hommes ont été libres (de leur bouche), plus ils ont parlés et embrassés; et logiquement, lorsque par le progrès, les hommes seront débarrassés de toute tâche manuelle, ils ne feront plus que discourir et s'embrasser!

Imaginons à cette double fonction, localisée en un même lieu, une transgression unique, qui naîtrait d'un usage simultané de la parole et du baiser : parler en embrassant, embrasser en parlant. Il faut croire que cette volupté existe, puisque les amants ne cessent de boire la parole sur les lèvres aimées. Ce qu'ils goûtent alors, c'est, dans la lutte amoureuse, le jeu du sens qui éclôt et s'interrompt la fonction qui se trouble : en un mot : le corps bredouillé.

Roland Barthes. Roland Barthes par Roland Barthes. Parler et embrasser


Illustratreur inconnu

Je ne connaissais pas André Leroi-Gourhan 1911-1986.

La transgression est naïve et théorique : qui parle en embrassant? La vrai perversion, régression c'est d'utiliser sa bouche pour embrasser le sexe de sa partenaire. Comme le ferait un animal. D'ailleurs en argot on va parler de brouter. Comme si la bouche retrouvait sa fonction première, primaire, primale, primate.

Les seules fonctions civilisées données à la bouche sont la parole et la nourriture. Même si cette deuxième fonction est admise car aucun autre organe ne le permet. Alors on va dissocier la parole du manger : on ne parle pas la bouche pleine. on ne parle pas à table. Le baiser lui est à peine toléré et chassé de l'espace public. Réservé au privé donc caché.

dimanche 6 juin 2021

Nouvelles Eves

Presque exclusivement des femmes qui fument, boivent, se détentent, se prélassent, font du vélo, des jeux de balons. Toujours nues.

Monica Kim Garcia est née en 1968 à Atlanta.







vendredi 5 mars 2021

Errant reverie : shunga contemporain

Des shunga d'aujourd'hui par Jeff Jaeger avec des descriptions anachronique dont "What is good for the goose is good for the gander".

J'essaie d'échantillonner suffisamment de pièces différentes pour ne pas avoir l'air d'emprunter à une pièce en particulier. Par exemple, je pourrais utiliser les couleurs de l'une, les motifs d'une robe d'une autre mais les convertir en une palette de couleurs différente, un motif de robe différent d'une autre pièce et une théière d'une quatrième.

Je fais aussi la même chose avec la référence pornographique, je vais l'imaginer en miroir, prendre une tête, une coupe de cheveux, bouger un bras juste pour que personne ne puisse dire exactement d'où vient la source. Souvent, les titres sont également assemblés comme ça. J'ai un document texte avec des extraits et des phrases, ou juste des mots simples. Cela ressemble probablement à la poésie d'un fou, mais je déplace lentement des phrases jusqu'à ce que cela commence à former une pensée plus cohérente (ou du moins cohérente pour moi!).

Retrouvez ces tableaux et description sur le site.



jeudi 11 février 2021

Collants malaisien

Utilisé à l'origine dans le monde du spectacle et de la danse, le collants malaisien perpétue la tradition.

Voici le femdom à la mode malaisienne.







dimanche 24 janvier 2021

Occupation sans résistance

Petit extrait de La bicyclette bleue de Régine Deforges le roman populaire de 1981. Premier volume d'une Trilogie sur la France occupée et resistante et d'une saga en 10 volumes.

Le cunni c'est la caresse des retrouvailles.

Dans la bicyclette bleue : Léa et Mathias

Léa ne bougeait plus, attentive soudain à l'écho que réveillaient dans sa chair les caresses brutales de Mathias. Elle se disait qu'elle ne devait pas, que c'était Laurent qu'elle aimait, qu'elle était folle et imprudente mais toute résistance était d'avance vaincue chez elle tant son désir d'un corps contre le sien, d'un sexe dans son ventre était fort. Elle s'entendait gémir, balbutier des mots sans suite. Vite, vite... qu'il la prenne... mais qu'attendait-il? Agacée, elle arracha sa culotte et s'offrit, impudique et splendide.

– Viens.
Le garçon contemplait cette toison aux reflets fauves encadrée par des jarretelles qui tendaient des bas de fil noir, faisant ressortir la fragile blancheur de l'intérieur des cuisses. Il enfouit son visage dans l'odorante moiteur. Sous sa langue, Léa gémissait sans retenue.
Un moment ses yeux s'ouvrirent et se posèrent sur le visage du Christ effondré sous le poids de sa croix. Il lui sembla que la statue s'animait, que le fils de l'Homme lui lançait un regard complice. Elle jeta un cri et jouit sous les baisers de Mathias. Ses seins dressés lui faisaient délicieusement mal. Elle arracha la tête de son ventre, baisa goulument cette bouche qui venait de lui donner du plaisir s'enivrant de sa saveur.
– Prends-moi, fit-elle en écartant les jambes.

Elle gémit à nouveau de bonheur quand le sexe de l'homme força le sien encore gonflé de volupté.



Dans 101, avenue Henri-Martin : Léa et François

Négligeant de lui répondre, François retira la lourde robe de chambre d’un seul geste. Nu, le sexe dressé, les jambes écartées de chaque côté d’elle, il la dominait de toute sa taille. Léa ne put réprimer un frémissement voluptueux. Il ressemblait au brigand qu’elle rêvait de rencontrer au détour des allées forestières des landes lorsqu’elle était petite.
Elle porta la main au creux de ses cuisses. François tomba à genoux devant cette petite main crispée, et déplia doucement les doigts et posa ses lèvres à leur place. Sous cette langue qui la fouillait, elle se cambra pour mieux s’offrir. Le plaisir la surprit avec une violence qui la fit crier et s’agripper aux cheveux de son amant. Comme à regret, il releva le tête, contemplant ave un bonheur qui marquait son visage, le bouleversant résultat de ses caresses. Puis s’allongeant sur elle, il la pénétra doucement.

Illustration : Tomas Muller. Je ne me rappelle plus où j'ai trouvé ces dessins.