dimanche 7 octobre 2012

In the cut

In the cut : film féministe ou de femmes sur le désir, le sexe. Que savez-vous du désir demande l'accroche?

In the cut : le désir passe par le sexe et le sexe nécessite d'être abordé crument, presque vulgairement.

C'est un film de femmes; Film de Jane Campion sur une histoire de Susanna Moore jouer/jouir par Meg Ryan, actrice et femme de 40 ans. Et cela peut expliquer l'attention, le soin porté au sexe (je parle de l'organe voire un objet mais de luxe). Plaisir de regarder, de ressentir; plaisir pris seul, avec l'autre et par l'autre. De montrer le peu de temps qui sépare l'orgasme de la frustration.

I can be whatever you want me to be. You want me to romance you, take you to a classy restaurant, no problem. You want me to be your best friend and fuck you treat you good, lick your pussy no problem. Ain't much I haven't done. The only thing I won't do is beat you up.



Je vous propose 3 critiques du film
In the cut et le mythe de médusa par Sue Gillett is the author of Views from Beyond the Mirror: The Films of Jane Campion
After making love to Frannie for the first time Malloy tells her the story of “the chicken lady”, an older woman who initiated him into the pleasures of a woman’s body:

She takes me into her bedroom and she’s a real woman. She’s got pubic hair from here to here, black and curly like those Spanish girls. And I want to get the fuck out there so she grabs me and says, ‘you ever kissed a girl down there?’ I says ‘no’. So she wets her fingers, she touches herself real soft, touches her clit, tells me to lick there, tells me to put my tongue there, take my time, lick in a slow circle, and after a while she came.

In Malloy’s telling of this story, visually authenticated as it is by his oral enjoyment of Frannie’s “pussy”, he proves himself to be a man who is not afraid of the Medusa, who does not need to see her flowing tresses as so many penis substitutes reassuring him in the face of the abyss of a woman’s “hole”. Malloy has been invited to part a woman’s hair and explore the complex flesh that it surrounds, (much as Frannie sees the sadness in her sister’s face hiding beneath her messy hair). On another occasion Malloy uses his voice through the telephone to guide Frannie’s hand into the wetness of her “pussy”, to make her clit “jump into [her] hand”. That Malloy is able to itemise the various corporeal elements of a woman’s body, that he can speak the words of her body and pleasure, distinguishes him from the classic cast of male heroes, the legion of Perseuses, who see nothing in a woman except their own castrated reflections. After Pauline’s murder Malloy is able to describe in detail the components of flesh, bone, sinew and muscle which the killer’s knives had to carve through in the difficult effort to severe head from neck. He knows that more than a single swipe was needed. He knows about bodies; much more than any death-dealing, romantic hero imagines.

La critique d'Elholmy
Meg Ryan plays Frannie, a cynical teacher of English, still sexy but beginning to approach the end of her prime as an object of desire.  No longer an inexperienced young woman, she has evolved into an apparently confident and attractive woman in her forties.  Frannie is single and appears to be highly-sexed, though for reasons unexplored she has been bottling this up and has not had enough satisfying experiences in some time, if ever.  She comes across as both sexually voracious and curiously naïve, and consequently seems ripe for some form of erotic awakening.

In the Cut: Subverting Visual Pleasure By Jason Haggstrom

Mulvey states that one of the methods for the male unconscious to escape castration anxiety is the "preoccupation with the re-enactment of the original trauma (investigating the woman, demystifying her mystery), counterbalanced by the devaluation, punishment or saving of the guilty object." It is telling then that Malloy learned the art of cunalingus from an older woman when he was young. Having already "investigated the woman, demystifying her mystery," Malloy feels no threat and no unpleasure at the sight/site of female genitalia. Further proof of his lack of anxiety comes from the way he handles the phallic symbol that is his gun. In his first sexual encounter with Frannie, Campion makes distinct a cut to a shot of Malloy's hand as he places his gun on her dresser, disarming himself both literally and in terms of a need for sexual dominance. It's a form of self-castration, and he does it willingly. Much as the "chicken lady" taught Malloy about the clitoris, the vagina, and how to induce female pleasure, Malloy eventually teaches Frannie how to fire his gun or, in psychoanalytic terms, how to handle the phallus. It is this lesson in weaponry that will allow her to save herself from the killer—the film's true castrated man whose actions have continually threatened to seize control of the film's meaning—at the film's climax.

samedi 6 octobre 2012

Puisqu'il le faut

Dans le lit plein ton corps se simplifie
Sexe liquide univers de liqueur
Liant des flots qui sont autant de corps
Entiers complets de la nuque aux talons
Grappe sans peau grappe-mère en travail
Grappe servile et luisante de sang
Entre les seins les cuisses et les fesses
Régentant l'ombre et creusant la chaleur
Lèvre étendue à l'horizon du lit
Sans une éponge pour happer la nuit
Et sans sommeil pour imiter la mort.


Ernest Pignon-Ernest-mai1968 
 
Frapper la femme monstre de sagesse
Captiver l'homme à force de patience
Doucer la femme pour éteindre l'homme
Tout contrefaire afin de tout réduire
Autant rêver d'être seul et aveugle.

Je n'ai de cœur qu'en mon front douloureux.

L'après-midi nous attendions l'orage
Il éclatait lorsque la nuit tombait
Et les abeilles saccageaient la ruche
Puis de nos mains tremblantes maladroites
Nous allumions par habitude un feu
La nuit tournait autour de sa prunelle
Et nous disions je t'aime pour y voir.

Le temps comblé la langue au tiers parfum
Se retenait au bord de chaque bouche
Comme un mourant au bord de son salut
Jouer jouir n'était plus enlacés
Du sol montait un corps bien terre à terre
L'ordre gagnait et le désir pesait
Branche maîtresse n'aimait plus le vent


Par la faute d'un corps sourd
Par la faute d'un corps mort
D'un corps injuste et dément.


Paul Eluard

Puisqu'il le faut - Corps mémorable 1947 (publié en 1957) 
Recueil de Poésies écrites avant et après l'annonce de la mort de Nusch.
 
 


Evidemment Avidement dément démens

Coucher avec elle
Pour le sommeil côte à côte
Pour les rêves parallèles
Pour la double respiration

Coucher avec elle
Pour l’ombre unique et surprenante
Pour la même chaleur
Pour la même solitude


Coucher avec elle
Pour l’aurore partagée
Pour le minuit identique
Pour les mêmes fantômes

Coucher coucher avec elle
Pour l’amour absolu
Pour le vice, pour le vice
Pour les baisers de toute espèce

Coucher avec elle
Pour un naufrage ineffable
Pour se prouver et prouver vraiment
Que jamais n’a pesé sur l’âme et le corps des amants
Le mensonge d’une tache originelle

Robert Desnos
Photo de Cadoo

Bouche rie et Georges Bataille

Je mets mon vit contre ta joue
le bout frôle ton oreille
lèche mes bourses lentement
ta langue est douce comme l’eau
 
ta langue est crue comme une bouchère
elle est rouge comme un gigot
sa pointe est un coucou criant,
mon vit sanglote de salive

ton derrière est ma déesse
il s’ouvre comme ta bouche
je l’adore comme le ciel
je le vénère comme un feu

je bois dans ta déchirure
j’étale tes jambes nues
je les ouvre comme un livre
où je lis ce qui me tue.

Georges Bataille

Ci dessous oeuvre de Jan Saudek

saudek

vendredi 24 août 2012

Le sexe de Marie de Hérédia

Ce site n'a pas rendu suffisamment hommage à Pierre Louÿs ami d'André Gide,obsédé par la beauté (et certainement beaucoup plus) de Marie de Hérédia, femme de son ami Henri de Régnier, dont il épousera la soeur. La vie sentimentale de Pierre Louÿs est d'une rare complexité. 

Pierre Louÿs est peut-être l'un des plus grand écrivain érotique de cette fin de siècle. Une grande partie de ses poésies érotiques sera connu après sa mort et longtemps interdite. Son obsession du sexe féminin doit venir de la beauté du sexe de Marie de Hérédia dont il est frustré. Ou de celui de Zohra Ben Brahim dont il est rassasié.
 



D'autres photos de Marie de Hérédia par Pierre Louÿs 


Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses 
Mais d'une chair plus tendre et plus fragile encor 
Des rêves de chair rose à l'ombre des poils d'or 
Qui palpitent légers sous les mains amoureuses. 

Des fleurs aussi, des fleurs molles, des fleurs de nuit, 
Pétales délicats alourdis de rosée 
Qui fléchissent pliés sous la fleur épuisée 
Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit. 

Ô lèvres, versez-moi les divines salives 
La volupté du sang, la vapeur des gencives 
Et les frémissements enflammés du baiser. 

Ô fleurs troublantes, fleurs mystiques, fleurs divines 
Balancez vers mon coeur sans jamais l'apaiser 
L'encens mystérieux des senteurs féminines. 

Les nymphes 25 mars 90

mercredi 22 août 2012

Tourne sept fois la langue dans ma chatte

Ne dites pas : "J'aime mieux la langue que la queue."
Dites : "Je n'aime que les plaisirs délicats."


Si l’une des visiteuses vous plaît, vous pouvez
lui sourir à la derobée; mais ne faites pas vibrer
votre langue dans votre bouche en forçant
l’éclat de votre oeil. Ce cerait exprimer trop
nettement une propostition qu’il vaut
mieux sous-entendre.

Admirez la bonté de Dieu qui donne à chaque
petite fille un con pour y plonger toutes les
pines du monde, et qui, pour varier vos
plaisirs, vous permet de remplacer la pine par
la langue, la langue par le doigt, le con
par le cul, et le cul par
la bouche.


Si vous vous faites gougnotter par une vendeuse
du Louvre dans un salon d’essayage,
ne hurlez pas que vous jouissez; cela ferait
un scandale affreux.

Pierre Louÿs - Manuel de Civilité

johannes gros
Illustration de Luc Lafnet ? illustrant les jeux du plaisir et de la volupté par une dame du monde de Johannès Gros

dimanche 19 août 2012

Transit à Marilou

Album L'homme à tête de chou 1976

Alain Bashung sa version de album L'homme à tête de chou est enregistré en 2008. Il sort en 2011.




Et ci dessous Variation sur Marilou


Vroom vroom me voici rose zinc
Avion fantôme hou hou
Aéroplane vieux coucou
Dont l´altimètre se déglingue
C´est à peine si je distingue
Les balises du terrain où
Je me pose en casse-cou
J´alanguis dans la nuit buccale
Où je vais transiter un coup
Serai-je chez les cannibales
Une haleine de peppermint
M´envahit le cockpit ding ding
Je me sens vibrer la carlingue
Se dresser mon manche à balou
Dans la tour de contrôle en bout
De piste une voix cunilingue
Me fait "glou glou
Je vous reçois cinq sur cinq"
Mais qu´est-ce que c´est que ce trou
Perdu suis-je en pays zoulou
Mais non voyons suis-je dingue
Je suis à Marilou.