lundi 20 avril 2009

La chatte de Lisbeth Salander

Velue ou Lisse, Pierre apporte des données historiques et politiques dans le long commentaire que je poste ci dessous. 

J'avais je l'espère pas raccourci trop mon billet au point de faire croire que Swang partageait cette litanie d'insanité. Si c'est le cas je m'en excuse et partage votre erratum. 

Toutefois, ce que je reproche à cet auteur c'est son vocabulaire trop psychanalytique, je pense que les femmes d'aujourd'hui peuvent se raser et se piercinger en toute liberté. Et j'avoue que j'aime tous les minous, rasés ou velus, sans en faire une question de principe ou de psychanalyse historique.

Ceci étant dit, il est important de connaitre l'histoire et les sources d'aliénation qui parfois nous influencent sans que nous en soyons conscient. Merci donc et à bientôt
.


Mais avant, une mise en bouche, avec ce magnifique dessin de Berth. Ce dessin lui appartient et je promets d'acheter Siné hebdo mercredi pour me faire pardonner cet emprunt.

berth


Bonjour à vous. Je suis tombé sur ce blog via celui d'Agnès Giard. Concernant Zwang, je pense que vous interprétez à l'envers ses propos.

En effet, il dit : "Tout est reproché à la vulve et au vagin, de leur anatomie comme de leur physiologie : navrante litanie !"
Ce qui suit est donc la litanie qu'il trouve navrante et qu'il énumère mais qui n'est pas du tout sa pensée.

Zwang est un ardent défenseur des femmes et il lutte contre tout ce qu'on a imposé aux femmes comme tortures corporelles au cours des siècles et qu'on impose encore aujourd'hui, de façon plus insidieuse que par le passé.

Comme on peut le lire ici : http://ame.enfant.org.free.fr/zwang.html où il parle des mutilations, dont l'épilation fait partie, cela date de 98 mais est encore très actuel.

Ce que vous citez de Zwang, c'est justement ce qu'il dénonce. Ce sont les reproches que les hommes ont fait aux femmes pendant des siècles et cela fait partie de la répression sexuelle.
Je pense qu'il était important de rectifier et je vous invite à lire ce que Zwang explique ci-dessus, voici un petit extrait.

«L'homme normal est habituellement rebuté par l'aspect chauve de la zone génitale féminine. C'est en général la conséquence de la maladie, et surtout de la sénilité. Une femme dépourvue de poils pubiens est une vieille femme n'inspirant plus le désir. C'est pourquoi la tonte sexuelle a de tout temps été infligée comme punition, surtout entre femmes. Pour défigurer une rivale, ou pour châtier une prostituée qui n'a pas obéi aux règlements du Milieu. Avant la libéralisation de l'interruption de grossesse, et sans nécessité d'asepsie depuis la mise au point de désinfectants liquides efficaces, les femmes devant subir un curetage évacuateur après avortement étaient systématiquement et entièrement rasées. Il fallait les punir d'avoir "tué leur bébé". Dans un cas comme dans l'autre on s'attaquait à un signal déclencheur très puissant, destiné à susciter le désir masculin, et on espérait bien mettre la femme "hors course" avant la repousse pileuse.

Il n'en va pas de même en contrée phallocratique, là où les femmes sont infériorisées, assujetties. Le rasage féminin donne à la vulve et au pubis l'aspect glabre des organes infantiles. C'est un signe de soumission, pour ne pas apparaître en tant qu'adulte et autonome. La femme est ainsi infantilisée.

La pratique est solidement implantée dans les pays musulmans. Mais en Occident, la sexualité et ses poils, tout spécialement féminins, ont été fortement culpabilisés.

C'est pourquoi tant de femmes ont accepté sans broncher l'obligation de rasage que leur ont infligé les maillots de bains "brésiliens". Cet attentat à leur féminité morphologique adulte est même tarifé dans les instituts de beauté. Les acheteuses de tenues de bain très échancrées y vont se "faire le maillot". Pour se faire déboiser sur mesure. Alors qu'il existe un peu partout des plages nudistes où montrer plus ou moins de poil n'a plus aucune importance.

A l'instar des phallocrates orientaux, il existe des machistes occidentaux qui eux aussi sont émoustillés par les femmes infantilisées. C'est pour leur complaire que la "faune" qui pose dans les productions pornographiques pratique souvent l'épilation totale, et que certaines de leurs partenaires s'y soumettent dans la vie courante, pour ressembler à ces modèles rasés.

Il va de soi que les pédophiles, inhibés par les femmes "velues et entières" apprécient hautement les fillettes glabres et "bien obéissantes".

L'épilation corporelle totale.

Elle est infligée rituellement aux jeunes mariées, avant la nuit de noces coranique. Mais aussi en Inde, avant le mariage avec un aristocrate. La femme est devenue à nouveau une enfant, au pouvoir de son seigneur et maître. Il en attend la même docilité.

3° La censure de la féminité

Renoncer à sa toison pubienne, à sa pilosité axillaire, à ses cheveux, voiler sa chevelure, son visage, autant de sacrifices auxquels sont contraintes les femmes partout où la féminité est suspecte, crainte ou haïe. Certains châtiments expriment même un regret non pas "inconscient" mais bien manifeste de certains hommes : que les femmes ne soient pas des hommes, à leur image.

Bien que tous ces châtiments n'entraînent pas d'amputation irréversible, ils n'en sont pas moins répréhensibles car basés sur la même idéologie que les mutilations sexuelles. La vieille culpabilisation métaphysique de l'animalité humaine, de ses désirs, de ses organes sexuels, de leurs poils et de leurs odeurs, la vieille misogynie inspirant les mêmes réticences, les mêmes condamnations, les mêmes censures. Dans les hautes sphères de l'éthique comme dans la vie quotidienne.»
Posté par Pierre, 20 avril 2009

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1 commentaire:

  1. Je découvre le réquisitoire de Desproges
    http://www.youtube.com/watch?v=QI0IFpvY11Y

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